#MeToo 2.0 — Le mouvement prend de l’ampleur en Asie, témoignages et analyses

Cinq ans après l’ex­plo­sion du mou­ve­ment #MeToo en Occi­dent, une nou­velle vague défer­le sur l’Asie. De Séoul à Mum­bai en pas­sant par Tokyo, les femmes brisent le silence sur les vio­lences sex­uelles et sex­istes. BOBEA vous pro­pose un tour d’hori­zon de ce #MeToo 2.0 qui sec­oue le con­ti­nent.

En Corée du Sud, l’ét­in­celle est venue du monde du sport. La patineuse de vitesse Shim Suk-hee a accusé son entraîneur d’a­gres­sions sex­uelles répétées, ouvrant la voie à des cen­taines de témoignages sim­i­laires. “J’ai décidé de par­ler pour que ça n’ar­rive plus à d’autres ath­lètes”, explique-t-elle avec courage

.Au Japon, c’est le milieu de la tech qui est sous le feu des pro­jecteurs. Plusieurs dirigeantes de start-ups ont dénon­cé le sex­isme ambiant dans ce secteur réputé mod­erne. “On nous traite encore comme des secré­taires”, s’indigne Yuki Abe, fon­da­trice d’une entre­prise de cyber­sécu­rité.

En Inde, le mou­ve­ment prend une ampleur inédite. Des actri­ces de Bol­ly­wood aux ouvrières du tex­tile, toutes les class­es sociales sont con­cernées. “C’est une révo­lu­tion silen­cieuse”, analyse la soci­o­logue Rupa Gup­ta. “Les femmes indi­ennes n’ac­ceptent plus d’être réduites au silence.”

Cette vague asi­a­tique du #MeToo a ses spé­ci­ficités. “Dans des sociétés encore très patri­ar­cales, par­ler est un acte de bravoure”, souligne Mei Lin, mil­i­tante fémin­iste à Hong Kong. Les repré­sailles peu­vent être sévères : licen­ciements, ostraci­sa­tion, voire men­aces physiques.Mais les choses changent. Des lois plus strictes sont adop­tées, des lignes d’é­coute se met­tent en place. Et surtout, une sol­i­dar­ité fémi­nine sans précé­dent se développe. “Nous ne sommes plus seules”, se réjouit Park Min-young, avo­cate spé­cial­isée dans les droits des femmes à Séoul.

Ce #MeToo asi­a­tique pour­rait bien chang­er la donne dans des pays où l’é­gal­ité hommes-femmes reste un défi majeur. BOBEA con­tin­uera de suiv­re de près cette évo­lu­tion et de don­ner la parole à ces femmes courageuses qui osent dire “plus jamais ça”.

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