Hongrie/IVG : L’Europe Alerte, Manon Aubry Mobilise

La ques­tion du droit à l’a­vorte­ment, pour­tant inscrit dans le mar­bre con­sti­tu­tion­nel de nom­breux pays, est de nou­veau sous ten­sion en Europe. Ce 30 octo­bre 2025, l’U­nion Européenne a émis une alerte offi­cielle con­cer­nant la Hon­grie, suite à la mise en place d’une nou­velle mesure gou­verne­men­tale qui restreint de fac­to l’ac­cès à l’IVG (Inter­rup­tion Volon­taire de Grossesse). La députée européenne Manon Aubry (LFI) a immé­di­ate­ment appelé à la mobil­i­sa­tion et à des sanc­tions.

La nou­velle loi hon­groise, intro­duite par le gou­verne­ment de Vik­tor Orbán, oblige désor­mais les femmes souhai­tant avorter à se soumet­tre à une “con­sul­ta­tion oblig­a­toire sur les con­séquences psy­chologiques et spir­ituelles” et à écouter le “bat­te­ment de cœur du fœtus” avant toute procé­dure. Bien que la mesure ne rende pas l’IVG illé­gale, les asso­ci­a­tions de san­té y voient un obsta­cle psy­chologique et logis­tique majeur, des­tiné à dis­suad­er les femmes et à ral­longer les délais d’ac­cès.

La Com­mis­sion Européenne a offi­cielle­ment dénon­cé cette mesure comme une “régres­sion des droits fon­da­men­taux” et a annon­cé l’ou­ver­ture d’une procé­dure de “dia­logue” avec Budapest, craig­nant un effet de con­ta­gion dans d’autres pays mem­bres. En France, l’indig­na­tion est vive. Manon Aubry, co-prési­dente du groupe de la Gauche au Par­lement européen, a inter­pel­lé la Prési­dente de la Com­mis­sion, Ursu­la von der Leyen.

“Il n’est plus temps de dia­loguer, il est temps de sanc­tion­ner ! La Hon­grie utilise des méth­odes de pres­sion psy­chologique indignes pour con­train­dre les femmes. C’est un retour en arrière inac­cept­able. L’U­nion Européenne doit gel­er une par­tie des fonds de cohé­sion tant que ce texte inique n’est pas retiré,” a martelé l’élue française, appelant à un rassem­ble­ment européen d’ur­gence ce week-end sur la Place de la République à Paris.

L’af­faire souligne la fragilité du droit à l’IVG en Europe, même après sa sanc­tu­ar­i­sa­tion en France. Les mou­ve­ments con­ser­va­teurs et d’ex­trême-droite gag­nent du ter­rain et utilisent la lég­is­la­tion pour min­er pro­gres­sive­ment les droits repro­duc­tifs. Ce 30 octo­bre, le bras de fer entre l’UE et la Hon­grie sur cette ques­tion devient un test décisif sur la capac­ité de l’U­nion à pro­téger les lib­ertés fon­da­men­tales de ses citoyennes. La mobil­i­sa­tion des asso­ci­a­tions fémin­istes, comme le Plan­ning Famil­ial, est essen­tielle pour main­tenir la pres­sion.

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