L’actrice et figure emblématique du mouvement #MeToo en France, Adèle Haenel, a une nouvelle fois brisé le silence ce 30 octobre 2025, en publiant une déclaration choc de soutien à l’autrice et metteuse en scène Rebecca Chaillon. Haenel dénonce avec virulence le cyberharcèlement “violent, colonial et misogyne” dont est victime Chaillon depuis la reprise de sa pièce controversée, Carte noire nommée désir. Ce geste propulse la lutte contre la haine en ligne à un nouveau niveau d’engagement public.
L’affaire a débuté après la première de la nouvelle tournée de la pièce, qui explore de manière radicale et frontale les thèmes du désir féminin noir, du racisme et de la mémoire coloniale. Immédiatement, Rebecca Chaillon a été submergée par une vague de haine en ligne orchestrée par des mouvances d’extrême-droite. Les attaques ne se limitaient pas à la critique artistique, mais ciblaient l’artiste sur son identité, usant de termes racistes et misogynes pour tenter de la faire taire et de décrédibiliser son œuvre.
C’est cette escalade de la violence qui a poussé Adèle Haenel à intervenir. Dans un texte partagé sur ses réseaux sociaux, l’actrice a qualifié cette campagne de “lynchage numérique organisé” et de “tentative d’intimidation néo-coloniale”. Elle a affirmé : “Leur violence n’est pas une opinion, c’est une agression. C’est le prix que l’on paie quand on est une femme, anti-raciste et qu’on refuse de se taire. Nous ne laisserons pas l’Histoire se répéter en ligne.”
Le soutien d’Adèle Haenel est stratégique. En s’associant à la cause de Rebecca Chaillon, elle unit publiquement les combats du mouvement #MeToo (contre la violence sexuelle) et de l’antiracisme féministe, insistant sur l’intersectionnalité des oppressions subies par les femmes minoritaires. Ce signal est d’autant plus fort que les deux femmes sont des figures marquantes du théâtre et du cinéma français.

La publication a immédiatement provoqué une réaction en chaîne. Le Syndicat National des Artistes a publié un communiqué condamnant fermement le harcèlement, et le Ministère de la Culture a annoncé la création d’une cellule de soutien juridique et psychologique pour les artistes victimes de cyberviolence. La prise de position de Haenel remet en lumière le rôle des personnalités publiques dans la lutte contre la haine en ligne, allant au-delà de la simple dénonciation pour offrir un bouclier moral et médiatique. Ce 30 octobre, le combat pour la liberté d’expression des femmes artistes est clairement devenu un combat politique national.