Le premier gouvernement du Premier ministre Sébastien Lecornu, annoncé le 5 octobre 2025, suscite un vaste débat au sein de la classe politique française. Promu pour incarner une « rupture » avec les précédentes équipes, ce gouvernement est finalement perçu par beaucoup comme un prolongement quasi-exact de l’ère François Bayrou, avec peu de nouveautés majeures.
Avec une équipe resserrée de dix-huit ministres qui devrait s’étoffer à 25 membres, la présence de figures bien connues comme Bruno Le Maire ou Roland Lescure conforte cette impression de continuité. Le gouvernement Lecornu a pour mission prioritaire de stabiliser l’économie et préparer le budget 2026, tout en gérant les tensions sociales croissantes dans le pays.
L’opposition ne s’est pas fait attendre et critique vivement ce « gouvernement de perdants » qui, selon ses détracteurs, manque d’audace et ne porte pas la rupture promise. Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement National à l’Assemblée, dénonce un « gouvernement à l’identique, assaisonné de l’homme qui a mis la France en faillite », en référence à Bruno Le Maire désormais aux Armées. Le Nouveau Front populaire et La France Insoumise appellent à la dissolution de l’Assemblée nationale, pointant l’incapacité manifeste à sortir des crises économique et sociale.

Malgré cela, le Premier ministre Sébastien Lecornu défend la composition en insistant sur la nécessité d’union et estime rassembler la majorité nécessaire pour faire avancer les réformes. La déclaration de politique générale devant l’Assemblée est attendue comme un moment clé pour asseoir la légitimité de ce gouvernement fragile.
Loin d’être un simple retour en arrière, cette formation gouvernementale mise sur la stabilité et la gestion pragmatique, dans un contexte politique fragmenté et incertain. Toutefois, les critiques acerbes des partis d’opposition laissent présager un climat tendu dans les semaines à venir.