L’IA menace davantage le travail des femmes : rapport choc de l’OIT

Un rap­port pub­lié par l’Organisation inter­na­tionale du Tra­vail (OIT) alerte sur l’impact dis­pro­por­tion­né de l’intelligence arti­fi­cielle sur l’emploi féminin, en par­ti­c­uli­er dans les pays à revenu élevé. Selon cette étude, les emplois tra­di­tion­nelle­ment occupés par les femmes sont plus vul­nérables à l’automatisation et à la trans­for­ma­tion numérique, met­tant en lumière une nou­velle forme d’inégalité sur le marché du tra­vail.

Une vul­néra­bil­ité accrue pour les femmes

L’un des con­stats majeurs du rap­port de l’OIT est que les métiers les plus exposés à l’automatisation sont sou­vent ceux où la main‑d’œuvre fémi­nine est majori­taire. Les secteurs de l’administration, du secré­tari­at, de la compt­abil­ité, du ser­vice client et de l’accueil, his­torique­ment fémin­isés, sont en pre­mière ligne face à la mon­tée en puis­sance de l’IA. Les tâch­es répéti­tives, la ges­tion de don­nées, la rédac­tion de rap­ports ou la prise de ren­dez-vous sont désor­mais facile­ment automa­ti­s­ables grâce à des logi­ciels intel­li­gents, des chat­bots et des sys­tèmes de ges­tion automa­tisée.

Les pays rich­es en pre­mière ligne

Le phénomène est par­ti­c­ulière­ment mar­qué dans les pays à revenu élevé, où la dig­i­tal­i­sa­tion des entre­pris­es et des admin­is­tra­tions est déjà très avancée. Les femmes, qui représen­tent une part impor­tante de la main‑d’œuvre dans les ser­vices, risquent de voir leurs emplois dis­paraître ou pro­fondé­ment trans­for­més. Selon l’OIT, près de 40% des emplois féminins dans ces pays pour­raient être affec­tés par l’IA dans les dix prochaines années, con­tre 25% pour les hommes.

Des métiers qui ne dis­paraîtront pas for­cé­ment

Le rap­port nuance toute­fois ses con­clu­sions : si cer­tains emplois sont men­acés, beau­coup évolueront plutôt qu’ils ne dis­paraîtront totale­ment. L’IA va trans­former la nature du tra­vail, en automa­ti­sant les tâch­es les plus sim­ples et en val­orisant les com­pé­tences humaines comme la créa­tiv­ité, l’empathie, la ges­tion de crise ou la com­mu­ni­ca­tion inter­per­son­nelle. Les femmes devront donc s’adapter, se for­mer à de nou­veaux out­ils et dévelop­per des com­pé­tences com­plé­men­taires pour rester com­péti­tives sur le marché du tra­vail.

Un risque d’aggravation des iné­gal­ités

L’OIT met en garde con­tre un pos­si­ble creuse­ment des iné­gal­ités entre hommes et femmes si rien n’est fait pour accom­pa­g­n­er cette tran­si­tion. Les femmes sont sou­vent moins présentes dans les fil­ières tech­nologiques et sci­en­tifiques, ce qui lim­ite leur accès aux nou­veaux métiers créés par l’IA. De plus, elles font face à des obsta­cles sup­plé­men­taires en matière de for­ma­tion con­tin­ue, de recon­ver­sion pro­fes­sion­nelle et d’accès aux postes à respon­s­abil­ité.

Les recom­man­da­tions de l’OIT

Pour lim­iter les effets négat­ifs de l’IA sur l’emploi féminin, l’OIT recom­mande d’investir mas­sive­ment dans la for­ma­tion et la recon­ver­sion des femmes, en par­ti­c­uli­er dans les domaines du numérique, de la pro­gram­ma­tion, de l’analyse de don­nées et de la cyber­sécu­rité. Les poli­tiques publiques doivent encour­ager la mix­ité dans les fil­ières tech­nologiques, soutenir l’entrepreneuriat féminin et garan­tir l’égalité d’accès aux oppor­tu­nités offertes par la révo­lu­tion numérique. Les entre­pris­es ont égale­ment un rôle à jouer en adap­tant leurs poli­tiques de ressources humaines, en favorisant la diver­sité et en accom­pa­g­nant les salariées dans l’acquisition de nou­velles com­pé­tences.

Témoignages et ini­tia­tives

Dans plusieurs pays, des ini­tia­tives voient le jour pour accom­pa­g­n­er les femmes dans la tran­si­tion numérique. Des asso­ci­a­tions pro­posent des for­ma­tions gra­tu­ites à la pro­gram­ma­tion, des réseaux de femmes dans la tech se dévelop­pent, et des pro­grammes de men­torat encour­a­gent les voca­tions féminines dans l’IA. Des témoignages de salariées en recon­ver­sion mon­trent qu’il est pos­si­ble de rebondir et de tir­er par­ti des oppor­tu­nités offertes par la dig­i­tal­i­sa­tion, à con­di­tion d’être accom­pa­g­nées et soutenues.

Vers une IA plus inclu­sive

L’enjeu est désor­mais de faire de l’intelligence arti­fi­cielle un levi­er d’inclusion et d’égalité, plutôt qu’un fac­teur d’exclusion. Cela passe par une prise de con­science col­lec­tive, des poli­tiques volon­taristes et une mobil­i­sa­tion de tous les acteurs du marché du tra­vail. Les femmes doivent être au cœur de la révo­lu­tion numérique, non seule­ment comme util­isatri­ces, mais aus­si comme con­cep­tri­ces, décideuses et inno­va­tri­ces. L’avenir du tra­vail dépen­dra de la capac­ité des sociétés à garan­tir à toutes et à tous une place dans le monde de

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