Révolution sans bruit : Entre Autonomie Radicale et Attachement Assumé
I. La Femme “Bobea” : Une identité de synthèse
La “Nouvelle Femme”, que nous nommons ici “Bobea” (Bourgeoise-Bohème-Émancipée-Amoureuse), représente une synthèse inédite dans l’histoire des femmes. Elle n’est plus la féministe de combat des années 70 qui devait rejeter le mariage pour exister, ni la femme au foyer traditionnelle. Sa révolution est “sans bruit” car elle n’est plus dans la revendication agressive, mais dans l’affirmation tranquille. Elle contient en elle plusieurs mondes :
- L’indépendance financière : C’est le socle de sa liberté. Elle travaille, gagne sa vie et refuse toute dépendance économique.
- L’autorité domestique : Elle ne “participe” pas au foyer, elle le codirige.
- L’épanouissement sexuel et affectif : Elle revendique son désir et ne le subordonne plus à celui de son partenaire.

II. Libre mais mariée : Le retour au lien choisi
Le concept de “libre mais mariée” peut sembler être un oxymore pour les anciennes générations. Pourtant, pour la femme “Bobea”, le mariage (ou l’union stable) est un choix de confort et de profondeur. Elle est liée à son homme pour le meilleur et pour le pire, mais ce lien est fondé sur une éthique de l’amour et non sur une nécessité de survie. Elle accepte la part de vulnérabilité que donne l’amour. Elle sait qu’elle peut vivre sans lui, mais elle décide qu’elle vivra mieux avec lui. C’est une dépendance choisie, ce qui est le sommet de la liberté.
III. Est-ce seulement les femmes de droite ? Un dépassement politique
On pourrait croire que ce retour aux valeurs de l’engagement (le mariage, la famille, le “lien”) est un marqueur de droite. C’est une erreur d’analyse. Cette mutation touche toutes les sphères :
- La femme de gauche y voit une forme d’écologie relationnelle, une protection contre l’ultra-libéralisme qui veut que tout soit jetable (y compris les humains).
- La femme de droite y voit une pérennité des structures stables. En réalité, c’est une position post-féministe. La femme “Bobea” ne cherche plus à ressembler à l’homme ; elle cherche à définir une puissance féminine qui n’exclut ni la maternité, ni la tendresse, ni l’attachement.