L’annonce est tombée comme une évidence, mais elle n’en reste pas moins un séisme institutionnel : Greta Gerwig présidera le jury de la 79e édition du Festival de Cannes. En 2026, ce choix ne relève plus de la simple promotion d’une réalisatrice à succès, mais d’une reconnaissance officielle d’un nouveau paradigme cinématographique. Pour les intellectuelles qui lisent BOBEA, Gerwig est bien plus que la femme derrière le phénomène Barbie ; elle est l’architecte d’une réconciliation entre le grand spectacle et la profondeur sociologique.
L’esthétique du sens au sommet de la Croisette Pourquoi Gerwig en 2026 ? Parce qu’elle a réussi là où beaucoup ont échoué : imposer un regard féminin (le « female gaze ») capable de générer des milliards de dollars tout en disséquant les structures de pouvoir patriarcales. Sa présidence à Cannes symbolise la fin de l’ère où le cinéma d’auteur devait être nécessairement austère pour être respecté. Gerwig apporte avec elle une exigence de narration complexe. À Cannes, elle ne vient pas juger des films ; elle vient définir ce que doit être le récit mondial de la prochaine décennie. Son influence sur le jury promet de mettre en lumière des œuvres qui traitent de l’identité, de l’ambition féminine et de la déconstruction des mythes modernes avec une intelligence rare.

Une influence économique et militante Au-delà de l’art, la nomination de Gerwig est un signal fort envoyé aux studios. Dans une industrie encore marquée par des disparités de salaires et de budgets, voir une femme de 42 ans diriger le plus prestigieux jury du monde valide une expertise économique. Elle incarne cette dirigeante de la culture qui sait naviguer entre les exigences des plateformes de streaming et la sacralité des salles de cinéma. Pour notre lectorat de dirigeantes, Greta Gerwig est le modèle absolu de la « Soft Power » : une force qui ne s’impose pas par le cri, mais par la clarté de sa vision et l’efficacité de son exécution.