BOBEA DOSSIER EXCLUSIF  2 : MISS MEXIQUE — LA COURONNE SOUS L’EMPRISE DES CARTELS

Le 21 novem­bre 2025, à Bangkok, le sacre de Fáti­ma Bosch en tant que Miss Univers aurait dû être l’a­pogée de la fierté mex­i­caine. Pour­tant, à peine les pail­lettes retombées, l’éclat de la couronne s’est terni sous le poids de révéla­tions fra­cas­santes. Entre soupçons de cor­rup­tion au som­met de l’or­gan­i­sa­tion et liens pré­sumés avec le Car­tel de Jalis­co Nue­va Gen­eración (CJNG), l’en­quête de Bobea Mag­a­zine révèle com­ment le “plus beau con­cours du monde” est devenu le ter­rain de jeu priv­ilégié des barons de la drogue et du blanchi­ment d’ar­gent.

I. Un Sacre sous les Huées : Le Fan­tôme du Favoritisme

Dès l’an­nonce des résul­tats, un malaise pal­pa­ble a envahi l’Im­pa Are­na. Con­traire­ment aux édi­tions précé­dentes, le tri­om­phe de la can­di­date mex­i­caine a été accueil­li par des sif­flets et des cris de dés­ap­pro­ba­tion. Le pianiste de renom­mée inter­na­tionale Omar Har­fuch a même annulé sa per­for­mance, dénonçant une “fausse gag­nante” et un manque total de trans­parence.

Au cœur de la polémique : Raúl Rocha Can­tú, l’homme d’af­faires mex­i­cain co-pro­prié­taire du con­cours. Accusé d’avoir “acheté” la couronne pour sa com­pa­tri­ote, Rocha se retrou­ve aujour­d’hui au cen­tre d’une tem­pête judi­ci­aire qui dépasse de loin le cadre du glam­our. Selon des doc­u­ments con­sultés par notre rédac­tion, son ascen­sion ful­gu­rante dans l’u­nivers des Miss coïn­cide avec des mou­ve­ments financiers sus­pects impli­quant des réseaux de traf­ic de car­bu­rant et d’armes.

II. L’Ombre du CJNG : Blanchi­ment et Pres­tige

L’enquête menée par la branche spé­cial­isée con­tre le crime organ­isé (FEMDO) au Mex­ique a jeté un pavé dans la mare. Des man­dats d’ar­rêt ont été émis, ciblant des réseaux de blanchi­ment d’ar­gent qui utilis­eraient les con­trats de spon­sor­ing des Miss pour réin­jecter des fonds issus du traf­ic de fen­tanyl.

Le dossier Xime­na N., anci­enne dauphine aujour­d’hui en exil aux États-Unis, apporte un éclairage glaçant. Elle décrit un sys­tème de “mariages de pres­tige” où les can­di­dates sont incitées à s’af­fich­er avec des “entre­pre­neurs” liés au Car­tel de Jalis­co. En échange de finance­ments illim­ités pour leurs opéra­tions de chirurgie esthé­tique et leur garde-robe, ces jeunes femmes devi­en­nent les vit­rines légales de for­tunes bâties sur le crime. À Sinaloa et Queré­taro, l’esthé­tique de la “Buchona” (femme de nar­co) dicte désor­mais les stan­dards des comités régionaux, fusion­nant dan­gereuse­ment mode et crim­i­nal­ité.

III. Le “Fuel-Gate” : Des Miss au Ser­vice de l’Or Noir

Plus sur­prenant encore, l’en­quête révèle des liens entre le père de la gag­nante, Fáti­ma Bosch — haut dirigeant au sein du géant pétroli­er Pemex — et les affaires de Raúl Rocha. Le scan­dale, surnom­mé le “Fuel-Gate”, sug­gère que le con­cours Miss Univers aurait servi de plate­forme de lob­by­ing pour sécuris­er des con­trats de trans­port de car­bu­rant, dont une par­tie des béné­fices aurait été détournée par des car­tels locaux.

Cette intri­ca­tion entre poli­tique, énergie et con­cours de beauté mon­tre que la couronne n’est plus seule­ment un sym­bole de grâce, mais un act­if stratégique dans les négo­ci­a­tions de haute sphère au Mex­ique. La jus­tice améri­caine, via le dis­trict sud de New York, com­mence d’ailleurs à s’in­téress­er de très près aux trans­ferts de fonds effec­tués entre Mex­i­co et Bangkok durant la semaine du con­cours.

IV. La “Prison Dorée” : Le Prix de la Beauté

Pour les lec­tri­ces de Bobea Mag­a­zine, il est cru­cial de com­pren­dre la réal­ité humaine der­rière ces titres. Les jeunes femmes pris­es dans cet engrenage vivent dans une véri­ta­ble “prison dorée”. Sous cou­vert de con­trats de man­nequinat exclusifs, elles sont soumis­es à une sur­veil­lance con­stante. Xime­na N. témoigne : “On ne vous demande pas seule­ment d’être belle, on vous demande d’ap­partenir à un clan.”

Le coût social est immense. En 2026, la “nar­co­cul­ture” a infil­tré les stan­dards de beauté mex­i­cains à un point tel que les inter­ven­tions chirur­gi­cales extrêmes (injec­tions de biopolymères, lipo-aspi­ra­tions agres­sives) sont dev­enues la norme pour plaire aux “par­rains” qui finan­cent les comités. Plusieurs can­di­dates ont payé de leur san­té, voire de leur vie, cette quête d’une per­fec­tion dic­tée par l’ar­gent sale.

V. Quel Avenir pour Miss Univers ?

Face à ces accu­sa­tions de fraude, de traf­ic d’armes et de liens avec les car­tels, l’or­gan­i­sa­tion Miss Univers tra­verse sa plus grave crise de légitim­ité. Si Fáti­ma Bosch con­tin­ue d’as­sur­er ses fonc­tions diplo­ma­tiques, chaque appari­tion est désor­mais scrutée par les autorités inter­na­tionales. Le retrait annon­cé de cer­tains spon­sors his­toriques de luxe mon­tre que l’in­dus­trie n’est plus prête à fer­mer les yeux sur les couliss­es som­bres de la beauté mex­i­caine.

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