Femmes et crises mondiales 2025 : Pourquoi elles restent les premières victimes du désordre international

Par Chris­t­ian Sab­ba Wil­son

Le rideau tombe sur l’année 2025, lais­sant der­rière lui un paysage géopoli­tique frac­turé, où les vieux démons de la force brute sem­blent avoir repris le dessus sur le dia­logue des nations. En regar­dant le miroir défor­mant de l’actualité de ces douze derniers mois, un con­stat s’impose avec la vio­lence d’une évi­dence occultée : dans chaque con­flit, dans chaque effon­drement économique, dans chaque recul démoc­ra­tique, les femmes demeurent les pre­mières vic­times, les cibles désignées d’un sys­tème qui s’es­souf­fle.

De Kaboul, où l’obscurantisme a parachevé l’effacement des vis­ages féminins de l’espace pub­lic, aux zones de ten­sion en Europe de l’Est et au Proche-Ori­ent, le corps des femmes reste, en 2025, un champ de bataille. La mil­i­tari­sa­tion crois­sante des sociétés n’est pas seule­ment une ques­tion de bud­gets de défense ; elle est intrin­sèque­ment liée à un retour des valeurs patri­ar­cales les plus archaïques. Partout où le canon tonne, les droits fon­da­men­taux — édu­ca­tion, san­té repro­duc­tive, lib­erté de mou­ve­ment — s’évaporent en pre­mier.

Mais ce con­stat ne doit pas être une épi­taphe. Si elles sont les pre­mières vic­times, les femmes sont aus­si les pre­mières résis­tantes. À BOBEA, nous obser­vons ce “mil­i­tan­tisme de l’ombre” qui main­tient les struc­tures sociales debout lorsque les États faib­lis­sent. Qu’il s’agisse des réseaux d’en­traide clan­des­tine ou des dirigeantes qui, dans les instances inter­na­tionales, ten­tent d’im­pos­er une diplo­matie du “care” face à la poli­tique du pire, l’e­spoir porte un nom féminin.

En cette fin d’an­née, ren­dre hom­mage à cette résilience n’est pas une coquet­terie intel­lectuelle, c’est un impératif poli­tique. Le monde de 2026 ne se recon­stru­ira pas sans une redéf­i­ni­tion rad­i­cale de la place des femmes dans les cer­cles de déci­sion. Il est temps que les gar­di­ennes de la paix ne soient plus seule­ment celles qui pansent les plaies, mais celles qui tien­nent la plume pour écrire les traités. La dig­nité n’est pas un luxe, c’est la con­di­tion de notre survie com­mune.

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