Critique : Le mémorial d’une icône qui a refusé de vieillir selon les codes
Alors que la France porte le deuil de Brigitte Bardot, l’exposition qui lui est consacrée au Grand Palais prend une dimension quasi mystique. Prévue de longue date, elle se transforme en ce mois de décembre 2025 en un sanctuaire où se presse l’élite culturelle mondiale. Mais attention, ne vous attendez pas à une simple galerie de photos de mode.
La déconstruction d’un mythe La force de cette exposition est de montrer Bardot non pas comme un objet de désir, mais comme un sujet agissant. Les commissaires d’exposition ont pris le parti de mettre en parallèle ses années de gloire cinématographique et ses décennies de combat animalier. On y voit comment la même fougue, la même “insolence” qui a électrisé l’écran dans les années 50, s’est transmutée en une force politique brute pour la défense du vivant.

Une scénographie immersive Le parcours utilise les dernières technologies de projection holographique pour recréer l’ambiance de la Madrague, mais aussi l’enfer des abattoirs que Bardot a dénoncé sans relâche. C’est un choc visuel permanent. Le visiteur sort de là non pas avec l’image d’une star de cinéma, mais avec celle d’une femme qui a eu le courage de briser son propre miroir pour regarder la souffrance du monde en face.
L’héritage pour les nouvelles générations Pour les jeunes artistes présentes au vernissage, Bardot est devenue une figure de référence du “militantisme total”. Elle n’a pas seulement prêté son nom à une cause ; elle est devenue la cause. Cette exposition est le témoignage ultime d’une vie qui a refusé les compromis, faisant de Bardot l’icône absolue de la femme libre, insoumise et, finalement, éternelle.