La tenue de la COP30 (Conférence des Parties) approche et se profile comme une étape charnière, loin de la seule rhétorique. Alors que la planète enregistre de nouveaux records de température, la pression est maximale sur les États pour qu’ils concrétisent leurs engagements, en particulier sur deux fronts cruciaux : le financement climatique pour les pays en développement et la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre (GES). La voix de la société civile, incarnée par les Marches pour le Climat, rappelle avec force que l’heure n’est plus aux promesses, mais à l’action immédiate.
L’Épine du Financement Climatique
La question du financement climatique reste le principal point de friction entre le Nord et le Sud global. Les pays développés n’ont toujours pas pleinement honoré leur engagement de mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 (et au-delà) pour aider les nations en développement à s’adapter et à atténuer les effets du changement climatique.
Lors de la COP30, les négociations se concentreront sur la définition d’un nouvel objectif quantifié collectif (New Collective Quantified Goal ou NCQG), qui devrait être significativement plus élevé que les 100 milliards de dollars. Les pays en développement insistent sur le fait que le financement doit être principalement constitué de subventions (dons) et non de prêts, afin de ne pas alourdir davantage leur dette déjà colossale. Sans une percée significative sur cet aspect, les pays du Sud ne seront pas en mesure de s’engager sur des objectifs de réduction d’émissions ambitieux.
L’Accélération de la Réduction des Émissions (NDCs)
Les Contributions Déterminées au Niveau National (NDCs) actuelles, qui représentent les plans de réduction d’émissions de chaque pays, sont largement insuffisantes pour limiter le réchauffement climatique à $1,5^\circ C$ par rapport aux niveaux préindustriels, comme le prévoit l’Accord de Paris. Les scientifiques du GIEC alertent sur le fait que le “budget carbone” restant est très mince.

La COP30 sera l’occasion d’une revue globale des NDCs. L’enjeu est d’obtenir l’engagement des principaux émetteurs (Chine, États-Unis, Inde, Union Européenne) à :
- Sortir des Énergies Fossiles : Définir une feuille de route claire et datée pour l’élimination progressive du charbon, du pétrole et du gaz.
- Accélérer la Transition : Augmenter massivement les investissements dans les énergies renouvelables et les technologies de capture de carbone.
- Justice Climatique : Veiller à ce que les efforts de réduction d’émissions ne se fassent pas au détriment du développement économique des pays pauvres.
Le Rôle Moteur de la Société Civile
En parallèle des discussions feutrées dans les salles de conférence, les Marches pour le Climat et les mouvements de jeunes activistes maintiennent une pression politique indispensable. Ces manifestations mondiales rappellent aux délégués que l’inaction est inacceptable pour les générations futures. L’impact de ces mouvements est d’avoir réussi à faire entrer la question de la justice climatique et des droits humains au cœur du dialogue.
En conclusion, la COP30 est une conférence qui doit traduire les paroles en actions mesurables. L’atmosphère est celle d’une urgence absolue. La réussite de cette conférence dépendra de la capacité des pays riches à honorer leurs promesses financières pour restaurer la confiance, et de la volonté de tous les États à renforcer leurs NDCs pour placer le monde sur une trajectoire compatible avec l’objectif de $1,5^\circ C$. L’enjeu est d’éviter que la COP30 ne soit perçue comme un autre échec diplomatique face à la crise la plus pressante de notre temps.