Fondation Femmes : 6,7M€ Perdu, Crise Associations

C’est une alerte sociale majeure qui sec­oue la France en cette fin de mois d’oc­to­bre 2025. La Fon­da­tion des Femmes a pub­lié ce 30 octo­bre une enquête alar­mante révélant que les asso­ci­a­tions d’aide aux femmes vic­times de vio­lences et de pré­car­ité ont subi une perte nette cumulée de 6,7 mil­lions d’eu­ros sur l’an­née. Ce manque à gag­n­er financier plonge 70% de ces struc­tures dans une “sit­u­a­tion finan­cière dégradée” qui com­pro­met directe­ment leur survie et la sécu­rité de mil­liers de femmes.

L’en­quête, inti­t­ulée État des Lieux 2025, pointe du doigt la baisse dras­tique et imprévue des sub­ven­tions ver­sées par l’É­tat, les Régions et les Départe­ments. Mais le prob­lème est dou­ble : en plus des coupes budgé­taires, la Fon­da­tion dénonce les retards de verse­ment des aides déjà promis­es, sou­vent liés à l’adop­tion tar­dive des bud­gets publics. Pour une asso­ci­a­tion qui gère l’ur­gence – l’héberge­ment d’ur­gence, les per­ma­nences télé­phoniques, le sou­tien psy­chologique – ce décalage de tré­sorerie est fatal.

Les con­séquences sont dra­ma­tiques et chiffrées : la Fon­da­tion des Femmes estime que, faute de moyens, plus de 6 200 femmes n’ont pas pu être aidées ou accom­pa­g­nées cette année. Des per­ma­nences d’écoute ont été fer­mées, des actions de sen­si­bil­i­sa­tion annulées et, plus grave encore, des licen­ciements de per­son­nel spé­cial­isé ont été effec­tués. C’est une crise de l’aide aux vic­times qui se des­sine, ironique­ment, au moment où les pou­voirs publics com­mu­niquent le plus sur la lutte con­tre les vio­lences faites aux femmes.

Anne-Cécile Mail­fert, Prési­dente de la Fon­da­tion des Femmes, a qual­i­fié la sit­u­a­tion d’“hypocrisie nationale” dans un com­mu­niqué de presse. “On nous demande de bris­er le silence, on encour­age les femmes à porter plainte, mais on coupe les vivres aux asso­ci­a­tions qui sont la pre­mière et la dernière ligne de défense. Le dis­cours poli­tique est en totale décon­nex­ion avec la réal­ité du ter­rain.”

Le 30 octo­bre, des col­lec­tifs d’as­so­ci­a­tions ont appelé à une “Nuit Sol­idaire” devant le min­istère de l’É­gal­ité entre les femmes et les hommes, récla­mant la mise en place d’un plan d’ur­gence de 20 mil­lions d’eu­ros pour rétablir la sit­u­a­tion. L’en­jeu dépasse le sim­ple finance­ment : il s’ag­it de garan­tir la con­ti­nu­ité du ser­vice pub­lic d’aide aux vic­times. Les asso­ci­a­tions rap­pel­lent que chaque euro investi dans la préven­tion et l’aide per­met d’é­conomiser des sommes bien plus impor­tantes dans les coûts de san­té, de jus­tice et de réin­ser­tion sociale. La crise de tré­sorerie est, en réal­ité, une crise de la sécu­rité publique.

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