Titre SEO : Niki de Saint Phalle : La Fin de l’Exposition Bestiaire Magique à Caumont. Nanas et Couleurs.
Le Centre d’Art Caumont à Aix-en-Provence dit adieu, ce dimanche, à l’une de ses expositions les plus joyeuses et les plus visitées de l’année : “Niki de Saint Phalle – Le bestiaire magique”. Lancée au printemps, cette rétrospective thématique a été un véritable bain de couleurs et de vitalité, rendant un hommage flamboyant à l’une des artistes les plus importantes et les plus irrévérencieuses du XXe siècle. Loin des canons de l’art classique, Niki de Saint Phalle a utilisé ses créations – ses célèbres Nanas, ses animaux fantastiques, et ses totems joyeux – comme un manifeste de liberté, d’émancipation féminine, et de réconciliation avec le monde.
L’idée du “Bestiaire Magique” était d’explorer la fascination de Niki pour les créatures, qu’elles soient mythologiques ou quotidiennes, transformées en des sculptures oniriques, colorées et souvent monumentales. À travers des matériaux bruts, du papier mâché, des tesselles de miroir et de la résine, l’artiste donne vie à des serpents, des dragons, des oiseaux et des animaux marins, tous porteurs d’une symbolique forte, entre l’art brut et le pop art. La critique a salué la façon dont l’exposition a mis en lumière la dimension thérapeutique de la création chez l’artiste, transformant la douleur personnelle en une énergie positive et exubérante.
Ce qui a fait le succès phénoménal de cette exposition, c’est l’accessibilité immédiate de l’œuvre de Niki. Sa palette vive, ses formes généreuses et son énergie ludique ont attiré un public très large, des familles aux amateurs d’art contemporain. Les Nanas, ces figures féminines rondes et dansantes, véritables hymnes au corps de la femme libéré, constituaient le cœur battant de l’événement. Elles ne sont pas de simples sculptures ; elles sont une affirmation politique, une réponse pleine d’humour et de force aux diktats de la minceur et aux stéréotypes de genre.

Les dernières heures de l’exposition devraient connaître une affluence record, signe que cet au revoir est empreint d’une certaine mélancolie. “Le Bestiaire Magique” a rappelé à tous la nécessité de l’art comme espace de jeu et de subversion. L’œuvre de Niki de Saint Phalle, souvent réduite à sa dimension décorative, est ici réaffirmée dans toute sa complexité et son engagement. La joie des couleurs masque à peine une profondeur qui interroge les rapports de pouvoir, la violence et la place de la femme dans la société.
Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de voir ces joyaux exubérants, il reste l’héritage pérenne du Jardin des Tarots en Italie, son œuvre majeure. Mais pour Aix-en-Provence, cette clôture marque la fin d’une parenthèse enchantée. On retiendra l’image des enfants courant autour des sculptures et des adultes souriant devant tant d’inventivité. L’œuvre de Niki, qui défiait la gravité et les conventions, s’est imposée comme une source de lumière nécessaire en cette fin d’année. Un vibrant “Adieu et merci” à la reine des couleurs, dont l’esprit reste bien vivant.