Présidentielle ivoirienne 2025 : Thiam et Gbagbo écartés, recomposition totale à venir

Un tour­nant poli­tique inat­ten­du

La Côte d’Ivoire s’apprête à vivre une élec­tion prési­den­tielle excep­tion­nelle en 2025. Pour la pre­mière fois depuis plus de deux décen­nies, aucun des noms habituels de la scène poli­tique ne fig­ur­era dans la com­péti­tion : ni Lau­rent Gbag­bo, l’ancien chef d’État tou­jours influ­ent, ni Tid­jane Thi­am, con­sid­éré comme l’un des pré­ten­dants sérieux à la mag­i­s­tra­ture suprême. Leur exclu­sion, à la suite de déci­sions judi­ci­aires et con­sti­tu­tion­nelles con­tro­ver­sées, ouvre la voie à une recom­po­si­tion rad­i­cale du paysage poli­tique ivoirien.

Lau­rent Gbag­bo, l’ombre d’un revenant

Acquit­té par la CPI mais mar­qué par ses années de déten­tion, Lau­rent Gbag­bo restait un acteur sym­bol­ique et charis­ma­tique. Son retour avait gal­vanisé ses par­ti­sans, notam­ment dans le sud du pays, où sa fig­ure con­tin­ue d’incarner la résis­tance et la sou­veraineté nationale. L’annonce de son inéli­gi­bil­ité pour “empêche­ment lié à l’âge et à des con­sid­éra­tions juri­dic­tion­nelles” a provo­qué une onde de colère, cer­tains y voy­ant une manœu­vre poli­tique visant à bris­er une base élec­torale trop puis­sante.

Tid­jane Thi­am, le tech­nocrate recalé

De son côté, Tid­jane Thi­am, ex-ban­quier inter­na­tion­al et fig­ure mod­erniste du PDCI, représen­tait l’espoir d’un renou­veau pour une classe moyenne urbaine et une jeunesse entre­pre­neuri­ale­ment ambitieuse. Sa dis­qual­i­fi­ca­tion pour irrégu­lar­ités admin­is­tra­tives et sup­posés doutes sur sa nation­al­ité ivoiri­enne soulève un débat enflam­mé : l’exclusion d’une fig­ure réfor­ma­trice et com­pé­tente n’annonce-t-elle pas un ver­rouil­lage poli­tique au prof­it des forces en place ?

Une recom­po­si­tion ouverte et incer­taine

Les ana­lystes s’accordent : la prési­den­tielle 2025 ne ressem­blera en rien aux scruti­ns précé­dents. De nou­veaux lead­ers émer­gent, portés par les appels à une alter­nance généra­tionnelle. Le RHDP, camp prési­den­tiel sor­tant, peaufine la can­di­da­ture d’un suc­cesseur d’Alassane Ouat­tara, tan­dis que des fig­ures régionales et des out­siders pren­nent de l’ampleur. La com­péti­tion élec­torale s’annonce plus frag­men­tée que jamais, avec un ter­rain où les alliances locales, les réseaux eth­niques et les dynamiques urbaines joueront un rôle clé.

Un peu­ple en attente de sta­bil­ité

À quelques mois du scrutin, la pop­u­la­tion ivoiri­enne exprime fatigué et inquié­tudes. Après des années de cycles de vio­lences postélec­torales, beau­coup appel­lent à un cli­mat apaisé et à une can­di­da­ture con­sen­suelle. Mais l’exclusion de deux fig­ures majeures polarise une société encore frag­ilisée. Les jeunes, mas­sive­ment con­nec­tés et forte­ment urban­isés, atten­dent des répons­es sur le chô­mage, l’avenir des infra­struc­tures et la place de la Côte d’Ivoire sur la scène africaine.

L’influence des parte­naires inter­na­tionaux

Paris, Wash­ing­ton et Pékin suiv­ent de près l’évolution de la sit­u­a­tion. La Côte d’Ivoire est une puis­sance sous-régionale, et la sta­bil­ité de son proces­sus élec­toral sera déci­sive pour l’image démoc­ra­tique de l’Afrique de l’Ouest. L’Union africaine a déjà appelé à la trans­parence et au respect des stan­dards inter­na­tionaux, exhor­tant le gou­verne­ment à prévenir toute dérive autori­taire.

Con­clu­sion

L’éviction de Tid­jane Thi­am et de Lau­rent Gbag­bo ouvre la voie à une prési­den­tielle inédite, entre peur de l’instabilité et espoir d’un vrai renou­velle­ment. La Côte d’Ivoire se trou­ve à la croisée des chemins : réin­ven­ter son avenir poli­tique ou retomber dans ses vieux démons.

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