Une attaque inédite au cœur du Golfe
Dans la nuit du 8 au 9 septembre, des frappes israéliennes ont visé plusieurs résidences identifiées comme appartenant à des hauts cadres du Hamas établis à Doha, au Qatar. L’opération, confirmée par des sources militaires israéliennes et relayée par des témoins locaux, représente une escalade majeure dans le conflit au Moyen-Orient. Jamais auparavant Israël n’avait frappé aussi directement dans ce pays, pourtant allié stratégique des États-Unis et relais diplomatique avec les mouvements islamistes palestiniens.
La cible : le réseau politique du Hamas
Depuis des années, Doha abrite et finance plusieurs responsables du Hamas, leur offrant protection diplomatique et espaces de discussion. L’État hébreu accuse ces réseaux d’orchestrer depuis l’étranger une part importante de la stratégie militaire et de la communication du mouvement islamiste. Les frappes auraient visé trois immeubles résidentiels dans le centre de Doha, utilisés, selon Israël, pour la planification logistique et le financement d’opérations armées dans Gaza et en Cisjordanie.
Des civils touchés ?
Si les premiers bilans avancent la mort de plusieurs membres du Hamas, dont un responsable financier présumé, des sources locales évoquent aussi des victimes civiles, ce qui fait craindre une crise humanitaire et politique de grande ampleur. Les images filmées par des habitants montrent des incendies et des destructions importantes dans un quartier résidentiel fréquenté par des travailleurs expatriés.
Réactions internationales
Cette attaque a immédiatement provoqué un tollé diplomatique. Le ministère qatari des Affaires étrangères a dénoncé une violation intolérable de sa souveraineté et exigé une réunion d’urgence au Conseil de sécurité de l’ONU. Washington, tout en réaffirmant son attachement à la sécurité d’Israël, a appelé toutes les parties à la retenue, marqué par l’inquiétude qu’un tel précédent remette en cause l’équilibre fragile dans le Golfe. La Turquie et l’Iran ont condamné fermement l’opération, appelant à une réponse coordonnée des pays arabes.
Pourquoi Doha ?
Le choix de cibler le Qatar n’est pas anodin. Pour Israël, il s’agit d’un message clair : aucun refuge pour les responsables du Hamas, même hors des zones de conflit classiques. Cette stratégie d’extension du champ d’action militaire illustre la volonté du gouvernement israélien de rompre avec la logique de sanctuaires diplomatiques. Toutefois, une telle décision pourrait drastiquement compliquer ses relations avec ses rares partenaires dans le monde arabe et affaiblir encore une éventuelle reprise des négociations de paix.

Risques d’un embrasement régional
Cette frappe pourrait changer la donne dans les équilibres géopolitiques. Le Qatar est un partenaire économique vital pour l’Europe en matière d’énergie et un centre d’accueil de bases américaines stratégiques. Une escalade militaire au sein de son territoire aurait des répercussions mondiales immédiates. Déjà, les marchés de l’énergie ont réagi par une hausse soudaine du prix du gaz liquide, alimentant la crainte d’un choc énergétique.
L’inconnue de la riposte
Le Hamas a promis une “réponse immédiate et disproportionnée” aux frappes, sans préciser depuis quel terrain cette revanche pourrait s’organiser. Plusieurs analystes estiment que le mouvement cherchera à mobiliser ses soutiens à Gaza et au Liban. Le Qatar, de son côté, pourrait renforcer ses alliances militaires et envisager des mesures symboliques de rupture avec Israël, accentuant le risque d’un front diplomatique élargi.
Conclusion
En frappant Doha, Israël franchit une nouvelle étape qui pourrait redessiner durablement les équilibres déjà instables du Moyen-Orient. Entre souveraineté bafouée, tensions énergétiques et menace d’un embrasement régional, cette action militaire marque une rupture stratégique. La question demeure : jusqu’où Israël est-il prêt à aller dans sa guerre sans frontières contre le Hamas ?