Depuis plus de trois ans, la guerre en Ukraine bouleverse l’équilibre international. Alors que Moscou continue de défier les sanctions et d’avancer sur le terrain, les États-Unis doublent de pressions sur leurs alliés européens. En cette rentrée de septembre 2025, Washington appelle l’Union européenne à se positionner clairement face à une équation de plus en plus menaçante : l’alliance stratégique entre Vladimir Poutine et Pékin . L’Amérique de Joe Biden, fragilisée par une année électorale intense, veut montrer ses muscles, mais ne cache plus son impatience face à une Europe parfois hésitante, tiraillée entre souveraineté, dépendances économiques et peur de l’escalade.
Une alliance inquiétante entre Moscou et Pékin
Ce que craignent aujourd’hui les stratégies américaines, c’est moins la puissance isolée de Moscou que la solidité croissante de son partenariat avec Pékin. La Russie offre ses ressources énergétiques, ses capacités militaires et sa volonté de briser l’Occident, tandis que la Chine injecte des capitaux, une logistique et une influence diplomatique mondiale. Ensemble, ils représentent un duo qui fragilise l’ordre international façonné après la Guerre froide.
L’Europe se retrouve prise en étau. Comment continuer à commercer avec la Chine, premier partenaire économique de l’UE, tout en condamnant son soutien implicite à la Russie ? Et surtout : comment se libérer enfin d’une dépendance énergétique qui rend chaque hiver encore plus vulnérable ?
L’Europe sous pression de Washington
Pour les États-Unis, le moment est crucial. Joe Biden a besoin de résultats visibles sur la scène internationale. Washington exige donc que l’Union européenne endosse non seulement un rôle politique, mais aussi militaire. Berlin et Paris, malgré leur discours d’unité, freinent parfois face à une militarisation trop rapide, quand certains pays d’Europe de l’Est réclament au contraire des mesures beaucoup plus radicales.
Les chancelleries européennes savent que ce conflit redessine durablement le monde. Ou, sans front commun, l’Occident risque de perdre son avantage diplomatique et stratégique. Les Américains redoutent un scénario dans lequel l’alliance Russie-Chine deviendrait un bloc quasiment intouchable, capable d’imposer sa loi sur les marchés mondiaux, y compris en Afrique et en Amérique latine.
La question énergétique, le nœud sensible
Derrière les discours, un point demeure crucial : l’énergie. L’Europe peine toujours à compenser totalement l’absence du gaz russe. Certes, les terminaux de gaz liquéfié américain ou qatari multiplient les livraisons, mais les prix restent élevés et les avis publics s’essoufflent. La dépendance énergétique continue donc d’être l’angle mort d’une Europe qui se dit prête au combat, mais dont le quotidien des citoyens rappelle les fragilités.
Conclusion : l’Europe face à son destin
Jamais depuis la chute du mur de Berlin, l’Europe ne s’était retrouvée face à une telle responsabilité historique. Washington a fixé la ligne : pas de compromis avec Moscou, et plus de fermeté avec Pékin. Mais la pression américaine suffit-elle à provoquer un sursaut européen ? L’Union joue gros : non seulement sa crédibilité internationale, mais aussi sa capacité à devenir, enfin, une véritable puissance géopolitique.