Introduction : La guerre à Gaza, une tragédie au féminin
Depuis octobre 2023, la bande de Gaza vit au rythme des bombardements et des offensives militaires, plongeant la population dans une crise humanitaire sans précédent. Si la guerre frappe indistinctement hommes, femmes et enfants, les femmes paient un tribut particulièrement lourd. Mères, protectrices, soignantes, elles sont à la fois piliers de la survie familiale et victimes d’une violence exacerbée. Leur sort, trop souvent ignoré, incarne la détresse et la résilience d’un peuple pris au piège.
Des chiffres qui témoignent d’un drame humain
Selon ONU Femmes, plus de 28 000 femmes et filles ont été tuées à Gaza depuis le début du conflit, soit une femme ou une fille toutes les heures2. Parmi elles, des milliers étaient des mères, laissant derrière elles des enfants orphelins et des familles dévastées. En avril 2024, l’ONU recensait déjà plus de 10 000 femmes palestiniennes tuées, dont 6 000 mères, privant près de 19 000 enfants de leur repère maternel4. Au-delà des morts, des centaines de milliers de femmes vivent déplacées, privées de logement, de sécurité, de soins et de ressources de base34.
Mères et protectrices sous les bombes
Dans les abris surpeuplés, les camps de fortune ou les écoles transformées en refuges, les femmes gazaouies endossent un rôle central : protéger les enfants, trouver de la nourriture, maintenir l’hygiène, panser les blessures du corps et de l’âme. Certaines, comme Hala, témoignent de leur engagement à soutenir d’autres femmes, à apporter une assistance psychologique et à maintenir la cohésion sociale, malgré la peur et la précarité3.
“J’ai accouché dans un abri, sans médecin, sans eau. Je dois maintenant protéger mon bébé et aider les autres femmes autour de moi à ne pas sombrer”, confie une mère déplacée à Jabalia3.
La détresse maternelle : accouchements à risque et mortalité accrue
La guerre a détruit la plupart des infrastructures médicales, rendant les accouchements extrêmement dangereux. Le taux de mortalité maternelle a explosé, faute de soins et de médicaments246. Les femmes enceintes doivent souvent accoucher dans des conditions indignes, sans assistance, exposant leur vie et celle de leur enfant à de graves complications. La crise alimentaire aggrave la situation : plus d’un million de femmes et de filles sont confrontées à des niveaux catastrophiques de sous-alimentation, avec des conséquences dramatiques sur la santé maternelle et infantile4.
Violences de genre et vulnérabilité accrue
La guerre à Gaza n’est pas seulement une guerre de bombes, c’est aussi une guerre contre les femmes. Amnesty International et l’ONU dénoncent l’utilisation de la violence sexuelle, reproductive et fondée sur le genre comme arme de guerre, ainsi que la destruction systématique des centres de soins maternels et des refuges pour femmes victimes de violences6. Les femmes sont exposées à des risques accrus de violences sexuelles, de harcèlement et d’exploitation, dans un contexte d’effondrement des mécanismes de protection.

Résilience et solidarité : la force des femmes de Gaza
Face à cette adversité, les femmes gazaouies font preuve d’une résilience remarquable. Elles organisent des réseaux de solidarité pour partager le peu de nourriture disponible, soutenir les enfants traumatisés, maintenir l’éducation et préserver la dignité dans l’extrême dénuement. Leur capacité d’adaptation, leur courage et leur inventivité sont devenus les piliers invisibles de la survie collective.
Un appel à la communauté internationale
Les ONG et les agences de l’ONU appellent à une mobilisation urgente pour protéger les femmes de Gaza, garantir l’accès à l’aide humanitaire, rétablir les services de santé et mettre fin à l’impunité des violences de genre. La voix des femmes de Gaza, trop souvent réduite au silence, doit être entendue pour reconstruire une société brisée et préparer un avenir où la maternité ne sera plus synonyme de détresse et de deuil.
Conclusion : Mères de Gaza, héroïnes invisibles
Dans le chaos de la guerre, les femmes de Gaza incarnent à la fois la douleur et l’espoir. Leur combat quotidien pour protéger, nourrir et éduquer leurs enfants, malgré la peur et la perte, force le respect et l’admiration. La reconnaissance de leur rôle et la prise en compte de leurs besoins spécifiques sont essentielles pour toute solution durable à la crise. À Gaza, être mère, c’est résister, survivre et porter la mémoire d’un peuple meurtri.