Le monde professionnel continue de révéler des inégalités criantes entre les femmes et les hommes, notamment en matière de rémunération et d’évolution de carrière. En 2025, une étude récente de la Fondation des Femmes met en lumière un phénomène préoccupant : le cumul du sexisme et de l’âgisme fait perdre aux femmes plus de 150 000 € sur une carrière de 20 ans.
Sexisme et âgisme, un double handicap
Le sexisme au travail se manifeste par des écarts salariaux persistants, des plafonds de verre, et des discriminations dans l’accès aux postes à responsabilité. À cela s’ajoute l’âgisme, une forme de discrimination fondée sur l’âge, qui touche particulièrement les femmes de plus de 40 ans. Cette double peine crée un effet cumulatif, réduisant significativement les revenus et les perspectives professionnelles des femmes.
L’étude révèle que les femmes perdent en moyenne 7 500 € par an à cause de ces discriminations, soit plus de 150 000 € sur 20 ans. Ces pertes se traduisent par une moindre capacité d’épargne, une retraite plus faible, et une dépendance économique accrue.
Les causes profondes
Les causes du sexisme et de l’âgisme sont multiples. Les stéréotypes de genre persistent, associant les femmes à des rôles secondaires ou à des métiers moins valorisés. L’idée que les femmes sont moins disponibles ou moins engagées à cause de la maternité influence encore les décisions des employeurs.
L’âgisme, quant à lui, repose sur des préjugés liés à la supposée baisse de performance ou d’adaptabilité avec l’âge. Pour les femmes, ces stéréotypes sont renforcés par la pression sociale sur l’apparence physique et la jeunesse.

Conséquences pour les femmes et la société
Cette discrimination économique a des conséquences lourdes. Pour les femmes, elle signifie une précarité accrue, une moindre indépendance financière, et une exposition plus grande à la pauvreté, notamment à la retraite. Pour la société, c’est une perte de talents et une inégalité qui freine le développement économique.
Les entreprises qui ne prennent pas en compte ces enjeux s’exposent à des risques juridiques, mais aussi à une baisse de motivation et de performance de leurs équipes.
Quelles solutions ?
Pour lutter contre ces discriminations, plusieurs pistes sont avancées :
- Renforcer les contrôles et sanctions en matière d’égalité salariale.
- Mettre en place des formations pour déconstruire les stéréotypes sexistes et âgistes.
- Favoriser la flexibilité et la conciliation vie professionnelle/vie privée.
- Valoriser les compétences et l’expérience, indépendamment de l’âge.
- Encourager la transparence sur les salaires et les parcours professionnels.
Les syndicats et associations féministes militent pour une réforme ambitieuse du droit du travail, intégrant ces mesures.
Témoignages
De nombreuses femmes témoignent de leur expérience : « À 45 ans, j’ai vu mes responsabilités diminuer sans raison objective », raconte Sophie, cadre dans l’informatique. « On me considère comme dépassée alors que j’ai autant d’expérience que mes collègues masculins », déplore-t-elle.
Ces récits soulignent l’urgence d’agir pour une égalité réelle et durable.
Conclusion
Le sexisme et l’âgisme au travail restent des obstacles majeurs à l’émancipation économique des femmes. Pour réduire ces inégalités, il faut une mobilisation collective, des politiques publiques volontaristes, et un changement de mentalités. L’enjeu est crucial pour les femmes, mais aussi pour une société plus juste et prospère.