Le Vietnam vient de tourner une page de son histoire démographique : la limitation officielle à deux enfants par famille, en vigueur depuis plus de 30 ans, a été abrogée en 2025. Cette décision, saluée par certains et redoutée par d’autres, ouvre une nouvelle ère pour les femmes vietnamiennes. Quels sont les enjeux de cette réforme ? Quelles opportunités, mais aussi quels risques, pour les femmes et la société tout entière ?
Un changement historique
La politique des deux enfants, instaurée dans les années 1990 pour maîtriser la croissance démographique, a longtemps façonné la structure familiale et les choix de vie des femmes. Elle a permis au Vietnam de stabiliser sa population, mais au prix de nombreuses contraintes : pressions sociales, stigmatisation des familles nombreuses, contrôle des naissances et parfois même discriminations envers les filles.
En 2025, le gouvernement annonce la fin de cette politique, invoquant le vieillissement rapide de la population, la baisse du taux de natalité et la nécessité de renouveler les générations pour soutenir la croissance économique.
Quelles conséquences pour les femmes ?
Liberté de choix : Les femmes retrouvent la possibilité de décider du nombre d’enfants qu’elles souhaitent, sans craindre de sanctions ou de pressions administratives.
Évolution des mentalités : La fin de cette politique pourrait contribuer à réduire la préférence pour les garçons et les discriminations sexistes à la naissance.
Défis économiques : La levée de la limitation ne suffira pas à elle seule à relancer la natalité. Le coût de la vie, l’accès à la santé, à l’éducation et à l’emploi restent des freins majeurs, notamment pour les femmes des zones rurales ou précaires.
Risque de double charge : Si la société ne progresse pas vers une répartition plus égalitaire des tâches domestiques et parentales, les femmes pourraient se retrouver à assumer une charge encore plus lourde, entre travail et famille.

Les femmes vietnamiennes face à la nouvelle donne
Certaines voient dans cette réforme une opportunité d’émancipation : « Je veux pouvoir choisir ma vie, sans avoir à rendre de comptes à l’État », confie Linh, 29 ans, mère d’un enfant à Hanoï. D’autres s’inquiètent d’une possible pression familiale accrue pour avoir plus d’enfants, ou d’un retour à des schémas traditionnels qui limiteraient leur autonomie.
Les enjeux pour la société
Vieillissement de la population : Le Vietnam doit éviter le piège d’une société vieillissante sans renouvellement générationnel.
Égalité femmes-hommes : La réussite de cette transition dépendra de la capacité du pays à promouvoir l’égalité, à soutenir l’emploi féminin et à garantir l’accès aux droits pour toutes.
Politiques publiques : Il faudra investir dans la santé, l’éducation, la petite enfance et la lutte contre les discriminations pour permettre aux femmes de s’épanouir pleinement dans cette nouvelle ère.
Le regard de Bobea
La fin de la politique des deux enfants au Vietnam est une avancée majeure pour la liberté des femmes, mais elle ne sera bénéfique que si elle s’accompagne de mesures concrètes pour leur autonomie, leur santé et leur éducation. C’est aussi un signal fort pour toute l’Asie : l’émancipation féminine passe par le droit de choisir sa vie.