Un rapport publié ce mardi par l’Organisation internationale du Travail (OIT) met en lumière une réalité inquiétante : l’intelligence artificielle risque de fragiliser en priorité les emplois traditionnellement occupés par les femmes, notamment dans les pays à revenu élevé. Cette étude, qui analyse l’impact de l’IA sur le marché du travail mondial, alerte sur la nécessité d’anticiper les mutations et de renforcer la formation pour éviter une aggravation des inégalités de genre.
Les métiers féminins en première ligne
Selon l’OIT, les secteurs les plus exposés à l’automatisation par l’IA sont l’administration, la comptabilité, la gestion de dossiers, la traduction, le secrétariat ou encore certains métiers de la santé. Or, ces emplois sont majoritairement occupés par des femmes, en particulier dans les économies développées. L’organisation estime que jusqu’à 60 % des tâches administratives pourraient être automatisées d’ici 2030, entraînant une transformation profonde du marché du travail féminin.
Un risque d’aggravation des inégalités
Si l’OIT souligne que l’IA ne supprimera pas forcément tous les emplois concernés, elle insiste sur le risque d’exclusion pour les femmes peu qualifiées ou peu formées aux nouvelles technologies. “Sans politiques publiques ambitieuses, l’IA pourrait creuser l’écart entre hommes et femmes sur le marché du travail”, prévient le rapport. L’organisation appelle à investir massivement dans la formation continue, l’accompagnement à la reconversion et la promotion des femmes dans les filières technologiques.

Des pistes pour un avenir plus égalitaire
Pour faire face à ce défi, l’OIT recommande de valoriser les compétences humaines (empathie, créativité, gestion de crise) que l’IA ne peut remplacer. Elle encourage aussi les entreprises à adopter des politiques inclusives et à soutenir la mixité dans les métiers du numérique. Les gouvernements sont invités à anticiper les mutations, à garantir la protection sociale des travailleurs touchés et à promouvoir l’égalité des chances dès l’école.
Un enjeu de société majeur
La question de l’impact de l’IA sur l’emploi féminin dépasse le seul cadre économique. Elle pose la question du modèle de société que nous voulons construire, de la place des femmes dans l’innovation et de la capacité à garantir un progrès partagé. Pour l’OIT, il y a urgence à agir : “L’intelligence artificielle ne doit pas être un facteur d’exclusion, mais un levier d’émancipation pour toutes et tous.”