Femmes patrons et nouvelles technologies – La tech va-t-elle signer la fin du machisme ?

Intro­duc­tion : La tech, nou­v­el eldo­ra­do des femmes lead­ers ?

Depuis une décen­nie, la révo­lu­tion numérique boule­verse tous les secteurs de l’économie, de la finance à la san­té, de l’industrie à la cul­ture. Mais un secteur con­cen­tre tous les regards : la tech. Longtemps bas­tion mas­culin, la tech­nolo­gie attire désor­mais de plus en plus de femmes, entre­pre­neures, ingénieures, cheffes d’entreprise. Peut-on espér­er que la vague tech accélère la fin du machisme dans le monde du tra­vail ? Bobea Mag­a­zine enquête, donne la parole à des femmes patrons, analyse les chiffres et inter­roge l’avenir.

1. Tech et lead­er­ship féminin : où en est-on en 2025 ?

Les chiffres clés

  • En 2025, les femmes représen­tent 28 % des effec­tifs dans la tech en Europe, con­tre 18 % en 2010.
  • Seules 12 % des start-ups français­es sont fondées par des femmes, mais ce chiffre est en hausse con­stante.
  • 1 patronne sur 4 dans les licornes français­es (start-ups val­orisées à plus d’un mil­liard d’euros) est une femme, con­tre 1 sur 20 il y a dix ans.
  • Les métiers de l’IA, du cloud, de la cyber­sécu­rité et de la data sci­ence voient arriv­er une nou­velle généra­tion de femmes diplômées.

Un écosys­tème encore iné­gal­i­taire

Mal­gré les pro­grès, la tech reste mar­quée par des stéréo­types de genre, des écarts de salaires et des pla­fonds de verre. Les femmes sont sou­vent can­ton­nées aux fonc­tions RH, mar­ket­ing ou com­mu­ni­ca­tion, moins aux postes de direc­tion tech­nique ou de CTO. Mais la ten­dance s’inverse peu à peu, portée par des rôles mod­èles, des réseaux et des poli­tiques d’inclusion.

2. Les femmes patrons dans la tech : por­traits et témoignages

Les pio­nnières

  • Del­phine Remy-Boutang (The Bureau, JFD) : “La tech est un accéléra­teur d’égalité, à con­di­tion de s’y engager pleine­ment.”
  • Julie Chapon (Yuka) : “J’ai créé ma start-up pour chang­er le monde, pas pour prou­ver quoi que ce soit à qui que ce soit.”
  • Rania Belka­hia (Afrimar­ket) : “En Afrique, la tech est un levi­er d’émancipation pour les femmes, mais il faut se bat­tre con­tre les préjugés.”

Les nou­velles venues

  • Fatou Ndi­aye (The Won­ders) : “Les femmes noires et racisées doivent se créer leur pro­pre réseau pour exis­ter dans la tech.”
  • Sophie Viger (42, Ada Tech School) : “For­mer des femmes codeuses, c’est chang­er la cul­ture d’entreprise à la racine.”
  • Témoignages anonymes : “J’ai été la seule femme à pitch­er devant 20 investis­seurs mas­culins. Aujourd’hui, je dirige une équipe de 50 per­son­nes.”

3. La tech, un accéléra­teur d’égalité ?

Moins de hiérar­chie, plus de méri­to­cratie

Les start-ups et les entre­pris­es tech val­orisent l’innovation, la créa­tiv­ité, la prise de risque. Les codes ves­ti­men­taires, les horaires, les diplômes tra­di­tion­nels comptent moins que les com­pé­tences et les résul­tats. Cela prof­ite aux femmes qui osent sor­tir des sen­tiers bat­tus.

Télé­tra­vail, flex­i­bil­ité et parental­ité

La pandémie de Covid-19 a accéléré la trans­for­ma­tion des modes de tra­vail. Télé­tra­vail, horaires flex­i­bles, man­age­ment à dis­tance : la tech a per­mis à de nom­breuses femmes de con­cili­er car­rière et vie de famille. Les entre­pris­es qui adoptent ces mod­èles voient une hausse de la sat­is­fac­tion et de la per­for­mance des équipes féminines.

Intel­li­gence arti­fi­cielle et biais de genre

L’IA peut être un levi­er d’égalité… ou de repro­duc­tion des stéréo­types. “Tout dépend de qui code, de qui conçoit les algo­rithmes”, explique la chercheuse Aurélie Jean. Les femmes doivent être présentes à tous les niveaux pour éviter que la tech ne per­pétue le sex­isme.

4. Les nou­veaux réseaux féminins et l’entraide

Soror­ité et men­tor­ing

L’émergence de réseaux comme SISTAFemmes@NumériqueGirls in TechWomen in AI ou StartHer change la donne. Ces réseaux offrent du men­tor­ing, des for­ma­tions, des finance­ments, des rôles mod­èles. “On ne réus­sit jamais seule dans la tech”, affirme Julie Chapon.

Les hackathons, incu­ba­teurs et fonds dédiés

De plus en plus de hackathons et d’incubateurs sont réservés aux femmes ou aux équipes mixtes. Les fonds d’investissement “gen­der lens” priv­ilégient les start-ups fondées ou cofondées par des femmes, avec des résul­tats sou­vent supérieurs à la moyenne.

5. La fin du machisme ? Réal­ité ou illu­sion

Les résis­tances per­sis­tent

  • Le pla­fond de verre existe tou­jours : seule­ment 7 % des CTO en France sont des femmes.
  • Le har­cèle­ment sex­iste et les dis­crim­i­na­tions n’ont pas dis­paru, même dans les entre­pris­es les plus inno­vantes.
  • Les lev­ées de fonds restent plus dif­fi­ciles pour les femmes : en 2024, 85 % des cap­i­taux-risque sont allés à des équipes mas­cu­lines.

Mais la tech change la donne

6. Témoignages et études de cas

“J’ai créé ma start-up après 50 ans”

Claire, 54 ans, a lancé une plate­forme de e‑santé après un licen­ciement. “Dans la tech, l’âge compte moins que l’énergie et la vision. J’ai trou­vé plus de bien­veil­lance chez les jeunes développeurs que dans mon ancien secteur.”

“La tech m’a per­mis de sor­tir du sex­isme de la finance”

Fatou, ex-cadre ban­caire, s’est recon­ver­tie dans la data sci­ence. “Le machisme est moins vis­i­ble, mais il existe. La dif­férence, c’est qu’on peut plus facile­ment créer sa place, se faire respecter par ses com­pé­tences.”

“Le man­age­ment hor­i­zon­tal, c’est la clé”

Sophie dirige une équipe de 30 per­son­nes dans une start-up d’IA. “Ici, pas de chef autori­taire, tout le monde peut pro­pos­er, cri­ti­quer, innover. Ça change tout pour les femmes qui veu­lent s’affirmer.”

7. Les défis à venir : mix­ité, for­ma­tion, rôle des hommes

For­mer plus de filles aux métiers de la tech

Le prin­ci­pal défi reste l’éducation : en France, moins de 20 % des étu­di­ants en infor­ma­tique sont des femmes. Les ini­tia­tives pour sen­si­bilis­er dès le col­lège, pro­pos­er des stages, des for­ma­tions et des mod­èles féminins sont cru­ciales.

Impli­quer les hommes dans la lutte con­tre le sex­isme

La fin du machisme ne vien­dra pas sans l’implication des hommes : man­agers, investis­seurs, col­lègues. Les entre­pris­es qui for­ment tous leurs salariés à l’inclusion, qui sanc­tion­nent les com­porte­ments sex­istes et qui promeu­vent la mix­ité à tous les niveaux font la dif­férence.

Lut­ter con­tre les biais des algo­rithmes

Les algo­rithmes d’IA repro­duisent les biais de leurs con­cep­teurs. Il est essen­tiel d’intégrer la diver­sité dans les équipes de développe­ment, de tester les out­ils pour éviter les dis­crim­i­na­tions et de réguler les usages.

8. La tech, levi­er d’émancipation dans le monde entier

Afrique, Asie, Amérique latine : la révo­lu­tion silen­cieuse

Dans de nom­breux pays du Sud, la tech per­met à des femmes de créer leur entre­prise, d’accéder à l’éducation, de con­tourn­er les bar­rières sociales. Le mobile bank­ing, l’e‑commerce, l’agritech sont portés par des femmes inno­vantes, sou­vent invis­i­bles dans les médias occi­den­taux.

Témoignage : “Grâce à ma start-up, j’aide des mil­liers de femmes à devenir autonomes”

Ami­na, entre­pre­neure séné­galaise, a créé une appli­ca­tion pour faciliter l’accès au micro-crédit. “La tech, c’est la lib­erté. On n’a pas besoin de l’autorisation d’un homme pour créer, ven­dre, appren­dre.”

9. La tech et la nou­velle image de la femme patron

Du “girl boss” à la leader inclu­sive

La mode du “girl boss” a mon­tré ses lim­ites : aujourd’hui, les femmes patrons val­orisent l’inclusion, l’écoute, la diver­sité, la respon­s­abil­ité sociale. Elles inven­tent un nou­veau mod­èle de lead­er­ship, loin des codes vir­ils du passé.

L’impact sur la société

Les femmes patrons dans la tech inspirent les jeunes filles, changent la cul­ture d’entreprise, influ­en­cent les poli­tiques publiques. Elles prou­vent que la réus­site n’a pas de genre, que l’innovation n’a pas de sexe.

Con­clu­sion : La tech, une chance unique pour en finir avec le machisme ?

La tech ne réglera pas tous les prob­lèmes de sex­isme, mais elle offre des out­ils, des réseaux, des mod­èles et des oppor­tu­nités inédites pour les femmes. À con­di­tion de s’emparer de ces chances, de for­mer les nou­velles généra­tions, d’impliquer les hommes et de lut­ter con­tre les biais, la tech peut accélér­er la fin du machisme et ouvrir la voie à une société plus juste, plus créa­tive, plus égal­i­taire.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *