Gaza, les jeunes mères veuves – survivre après la guerre, témoignages et résilience

Au lende­main des con­flits, la vie con­tin­ue – mais à quel prix ? À Gaza, de nom­breuses jeunes femmes se retrou­vent veuves, seules face à la douleur, la pré­car­ité et la néces­sité de recon­stru­ire une vie pour leurs enfants. Depuis la dernière vague de vio­lences, des cen­taines de familles ont per­du un père, un mari, un sou­tien. Pour les jeunes femmes, le deuil s’accompagne d’un boule­verse­ment total : perte de revenus, isole­ment social, trau­ma­tisme psy­chologique. La tra­di­tion veut que la famille du mari prenne en charge la veuve, mais la réal­ité est sou­vent plus dure. Beau­coup de femmes n’avaient jamais tra­vail­lé avant la mort de leur mari et doivent désor­mais sub­venir seules aux besoins de leur foy­er. Être veuve jeune, c’est par­fois être perçue comme une men­ace ou une gêne dans la com­mu­nauté. Les enfants, eux aus­si, souf­frent de la perte et de l’insécurité per­ma­nente.

Pour­tant, la résilience s’organise. Mari­am, 28 ans, mère de trois enfants, racon­te : « Mon mari est mort sous les bombes. J’ai cru que je n’y arriverais jamais. Mais j’ai trou­vé du sou­tien auprès d’autres femmes. Nous avons mon­té une coopéra­tive de cou­ture. Aujourd’hui, je gagne un peu d’argent et je me sens utile. » Nour, 31 ans, veuve depuis six mois, con­fie : « J’ai tout per­du, mais je veux que mes enfants aient une vie meilleure. Je me bats chaque jour pour eux. Je rêve de paix, de sta­bil­ité, de pou­voir leur offrir une édu­ca­tion. » Face à l’absence d’aide insti­tu­tion­nelle, les femmes s’organisent. Des asso­ci­a­tions locales, sou­vent créées par des veuves, pro­posent des ate­liers de for­ma­tion pro­fes­sion­nelle, un sou­tien psy­chologique, des micro­crédits pour lancer une activ­ité et des espaces de parole pour rompre l’isolement. Ces ini­tia­tives, par­fois soutenues par des ONG inter­na­tionales, redonnent espoir et dig­nité à celles qui n’avaient plus rien.

Les réseaux soci­aux jouent un rôle cru­cial pour alert­er, col­lecter des fonds, partager des témoignages et mobilis­er la dias­po­ra. Des cam­pagnes de crowd­fund­ing per­me­t­tent à cer­taines familles de financer des soins, des études ou des pro­jets pro­fes­sion­nels. Le statut des veuves reste pré­caire : accès lim­ité à l’héritage, dif­fi­cultés à obtenir des aides publiques, pres­sions pour se remari­er ou quit­ter le foy­er. Des juristes et mil­i­tantes se bat­tent pour faire évoluer la lég­is­la­tion et garan­tir aux veuves une pro­tec­tion réelle.

La résilience des jeunes mères veuves de Gaza force l’admiration. Mal­gré la douleur, la peur et la pré­car­ité, elles se bat­tent pour offrir un avenir à leurs enfants. Leur courage, leur sol­i­dar­ité et leur inven­tiv­ité sont une leçon pour le monde entier. Chez Bobea, nous salu­ons ces femmes qui, chaque jour, choi­sis­sent la vie.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *