Introduction : L’Europe, un terrain d’innovation féministe
L’Europe n’a jamais été aussi féministe. De Paris à Varsovie, de Madrid à Stockholm, les mouvements de femmes secouent les sociétés, interpellent les gouvernements et inspirent de nouveaux modèles d’égalité. Si chaque pays a son histoire, ses combats et ses figures, un vent commun souffle sur le continent : celui de la réinvention et de la solidarité.
I. Des mouvements pluriels, une ambition partagée
En France, le collectif « Nous Toutes » mobilise chaque année des centaines de milliers de personnes contre les violences sexistes et sexuelles. En Espagne, la « marea violeta » (la vague violette) a fait descendre des millions de femmes dans la rue pour réclamer l’égalité salariale et la fin des violences. En Pologne, les « Grèves des femmes » ont défié le gouvernement conservateur sur la question de l’avortement, malgré la répression.
En Suède, le mouvement #MeToo a eu un retentissement particulier, débouchant sur des réformes législatives majeures. En Italie, des collectifs comme « Non Una di Meno » militent pour une société débarrassée du patriarcat et de la culture du viol.
II. Nouvelles stratégies, nouveaux outils
Les mouvements féministes européens innovent dans leurs modes d’action. Les réseaux sociaux sont devenus des armes redoutables pour dénoncer, mobiliser, organiser. Les hashtags #MeToo, #BalanceTonPorc, #NiUnaMenos, #WomensStrike circulent d’un pays à l’autre, créant une solidarité transnationale.
Les actions symboliques se multiplient : die-in, flash mobs, happenings artistiques. Les militantes investissent aussi les institutions, en siégeant dans les conseils municipaux, les parlements, les syndicats. Le féminisme n’est plus seulement dans la rue, il est partout : à l’école, au travail, dans la culture, les médias, la politique.

III. Les grands combats de 2025
- L’égalité salariale : Malgré des lois avancées, les écarts de salaires persistent en Europe. Les femmes gagnent en moyenne 14% de moins que les hommes. Les mouvements féministes réclament la transparence, la revalorisation des métiers féminisés et des sanctions contre les entreprises récalcitrantes.
- La lutte contre les violences : Les féminicides restent un fléau, avec plus de 3 000 femmes tuées chaque année en Europe. Les associations exigent des moyens accrus pour la justice, la police et les structures d’accueil.
- L’accès à l’avortement : Si la plupart des pays européens garantissent ce droit, des reculs sont observés en Pologne, à Malte ou en Hongrie. Les mobilisations sont massives pour défendre ce droit fondamental.
- La représentation politique : Les femmes restent minoritaires dans les instances de pouvoir. Les quotas, la formation et le soutien aux candidatures féminines sont des revendications majeures.
IV. Un féminisme inclusif et intersectionnel
Le féminisme européen se veut de plus en plus inclusif. Il s’ouvre aux questions de race, de classe, d’orientation sexuelle, de handicap. Les collectifs LGBTQ+, les femmes racisées, les personnes en situation de handicap prennent la parole et enrichissent le débat. Ce féminisme du XXIe siècle refuse l’uniformité : il célèbre la diversité des parcours et des identités.
V. Les nouveaux visages de l’engagement
La jeune génération s’empare du féminisme avec créativité et audace. Les influenceuses, les artistes, les entrepreneuses, les sportives deviennent des modèles pour toute une génération. Des figures comme la Suédoise Greta Thunberg, la Française Rokhaya Diallo ou l’Espagnole Leticia Dolera incarnent ce renouveau.
Les hommes aussi s’engagent, conscients que l’égalité est l’affaire de tous. De nouveaux collectifs masculins émergent, pour déconstruire les stéréotypes et promouvoir une masculinité positive.

VI. L’Europe, laboratoire d’égalité ?
Si le chemin est encore long, l’Europe apparaît comme un laboratoire d’idées et d’expérimentations pour l’égalité femmes-hommes. Les lois progressent, les mentalités évoluent, les résistances reculent. Mais rien n’est acquis : chaque génération doit défendre, réinventer, transmettre le flambeau.
Chez BOBEA, nous croyons que l’Europe peut être un modèle, à condition de rester vigilantes, solidaires et audacieuses. Le féminisme est un mouvement vivant, joyeux, créatif – et il a besoin de toutes nos voix.