30 ans après la Déclaration de Beijing sur les droits des femmes

Trente ans après la Qua­trième Con­férence mon­di­ale sur les femmes à Bei­jing en 1995, qui a don­né nais­sance à la Déc­la­ra­tion et au Pro­gramme d’ac­tion de Bei­jing, le monde se penche sur les pro­grès réal­isés et les défis qui per­sis­tent en matière de droits des femmes. Cette déc­la­ra­tion his­torique, signée par 189 pays, a établi un agen­da ambitieux pour l’é­gal­ité des sex­es et l’au­tonomi­sa­tion des femmes.

Les avancées majeures depuis 1995

Édu­ca­tion et alphabéti­sa­tion

L’un des suc­cès les plus nota­bles con­cerne l’é­d­u­ca­tion des filles. Selon les dernières don­nées de l’UNESCO, l’é­cart entre les sex­es dans l’en­seigne­ment pri­maire et sec­ondaire s’est con­sid­érable­ment réduit dans la plu­part des régions du monde. Dans cer­tains pays, les filles sur­passent même les garçons en ter­mes de résul­tats sco­laires.

Par­tic­i­pa­tion poli­tique

La représen­ta­tion des femmes en poli­tique a con­nu une aug­men­ta­tion sig­ni­fica­tive. En 2025, la moyenne mon­di­ale de femmes par­lemen­taires atteint 35%, con­tre seule­ment 11,3% en 1995. Des pays comme le Rwan­da, la Nou­velle-Zélande et la Fin­lande ont atteint ou dépassé la par­ité dans leurs par­lements.

San­té mater­nelle

Les pro­grès en matière de san­té mater­nelle sont remar­quables. Le taux de mor­tal­ité mater­nelle a dimin­ué de 38% depuis 1995, grâce à l’amélio­ra­tion des soins pré­na­tals et à l’ac­cès accru aux ser­vices de san­té repro­duc­tive.

Les défis per­sis­tants

Vio­lence basée sur le genre

Mal­gré les pro­grès, la vio­lence con­tre les femmes reste un fléau mon­di­al. Une femme sur trois dans le monde subit encore des vio­lences physiques ou sex­uelles au cours de sa vie. La pandémie de COVID-19 a exac­er­bé ce prob­lème, avec une aug­men­ta­tion alar­mante des vio­lences domes­tiques pen­dant les péri­odes de con­fine­ment.

Écart salar­i­al

L’é­cart de rémunéra­tion entre les sex­es per­siste, avec les femmes gag­nant en moyenne 20% de moins que les hommes à l’échelle mon­di­ale. Cette dis­par­ité s’ac­centue pour les femmes de couleur et celles issues de milieux défa­vorisés.

Charge de tra­vail non rémunéré

Les femmes con­tin­u­ent d’as­sumer une part dis­pro­por­tion­née du tra­vail domes­tique et des soins non rémunérés. Cette “dou­ble journée” lim­ite leurs oppor­tu­nités pro­fes­sion­nelles et leur autonomie économique.

Les nou­veaux défis du 21e siè­cle

Intel­li­gence arti­fi­cielle et biais de genre

L’es­sor de l’in­tel­li­gence arti­fi­cielle (IA) soulève de nou­velles préoc­cu­pa­tions. Des études ont mon­tré que les algo­rithmes d’IA peu­vent per­pétuer et même ampli­fi­er les biais de genre exis­tants, notam­ment dans les domaines du recrute­ment et de l’ac­cès au crédit.

Change­ment cli­ma­tique

Les femmes, en par­ti­c­uli­er dans les pays en développe­ment, sont sou­vent plus vul­nérables aux effets du change­ment cli­ma­tique. Elles sont égale­ment sous-représen­tées dans les proces­sus de prise de déci­sion liés aux poli­tiques envi­ron­nemen­tales.

Cyber­har­cèle­ment

Avec l’om­niprésence des réseaux soci­aux, le cyber­har­cèle­ment est devenu un prob­lème majeur affec­tant de manière dis­pro­por­tion­née les femmes et les filles.

Les ini­tia­tives promet­teuses

Édu­ca­tion STEM pour les filles

De nom­breux pays ont lancé des pro­grammes visant à encour­ager les filles à pour­suiv­re des études dans les domaines des sci­ences, de la tech­nolo­gie, de l’ingénierie et des math­é­ma­tiques (STEM). Ces ini­tia­tives visent à combler l’é­cart entre les sex­es dans les secteurs tech­nologiques en pleine crois­sance.

Con­gé parental équitable

Plusieurs pays ont adop­té des poli­tiques de con­gé parental plus équita­bles, encour­ageant les pères à pren­dre un rôle plus act­if dans les soins aux enfants et per­me­t­tant aux mères de main­tenir leur car­rière.

Quo­tas de genre dans les con­seils d’ad­min­is­tra­tion

De plus en plus de pays adoptent des lois imposant des quo­tas de genre dans les con­seils d’ad­min­is­tra­tion des entre­pris­es, visant à bris­er le “pla­fond de verre” dans le monde des affaires.

Con­clu­sion et per­spec­tives

Trente ans après Bei­jing, le bilan est mit­igé. Des pro­grès sig­ni­fi­cat­ifs ont été réal­isés, mais de nom­breux défis per­sis­tent et de nou­veaux émer­gent. La pandémie de COVID-19 a mis en lumière la fragilité de cer­taines avancées, avec un risque de régres­sion dans plusieurs domaines.

Pour l’avenir, les experts soulig­nent l’im­por­tance de :

  1. Ren­forcer les cadres juridiques pour l’é­gal­ité des sex­es
  2. Inve­stir dans l’é­d­u­ca­tion et l’au­tonomi­sa­tion économique des femmes
  3. Lut­ter con­tre les stéréo­types de genre dès le plus jeune âge
  4. Impli­quer davan­tage les hommes et les garçons dans la lutte pour l’é­gal­ité
  5. Adapter les poli­tiques aux défis du 21e siè­cle, notam­ment en matière de tech­nolo­gie et de change­ment cli­ma­tique

Alors que nous com­mé­morons le 30e anniver­saire de la Déc­la­ra­tion de Bei­jing, il est clair que la route vers l’é­gal­ité des sex­es est encore longue. Cepen­dant, l’en­gage­ment renou­velé de la com­mu­nauté inter­na­tionale et l’émer­gence de mou­ve­ments fémin­istes mon­di­aux don­nent des raisons d’e­spér­er. Le chemin par­cou­ru depuis 1995 mon­tre que le change­ment est pos­si­ble, et que la vision d’un monde où hommes et femmes jouis­sent des mêmes droits et oppor­tu­nités n’est pas hors de portée.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *