Saveurs de Bahia : Voyage culinaire aux racines afro-brésiliennes

La cui­sine de Bahia, région du nord-est du Brésil, con­naît un engoue­ment sans précé­dent en 2025. Cette gas­tronomie unique, fruit du métis­sage entre tra­di­tions africaines, indi­ennes et por­tu­gais­es, séduit les palais du monde entier par ses saveurs exo­tiques et son his­toire riche.

Au cœur de cette cui­sine, on trou­ve l’acara­jé, beignet de hari­cots frits gar­ni de vat­apá (pâte de crevettes, de noix de cajou et d’arachides) et de caru­ru (ragoût d’okra). Ce plat emblé­ma­tique, ven­du tra­di­tion­nelle­ment par les Baianas en cos­tume tra­di­tion­nel dans les rues de Sal­vador, est désor­mais pro­posé dans les restau­rants gas­tronomiques de Paris, New York ou Tokyo.

La moque­ca, ragoût de pois­son ou de fruits de mer mijoté dans du lait de coco et de l’huile de palme, est un autre joy­au de la cui­sine bahi­anaise qui con­quiert les tables du monde entier. Sa pré­pa­ra­tion, un véri­ta­ble rit­uel, néces­site patience et savoir-faire. Le chef étoilé français Pierre Gag­naire a récem­ment inté­gré une ver­sion revis­itée de la moque­ca à son menu, signe de la recon­nais­sance inter­na­tionale de cette cui­sine.

L’in­flu­ence africaine se retrou­ve dans l’u­til­i­sa­tion d’in­gré­di­ents tels que l’huile de palme, le man­ioc, les noix de cajou et les piments. Ces pro­duits, longtemps con­sid­érés comme exo­tiques, sont aujour­d’hui plébisc­ités pour leurs qual­ités nutri­tion­nelles. L’huile de palme rouge, riche en antioxy­dants, con­naît un regain d’in­térêt dans une ver­sion durable et équitable.

La dendê, sauce à base d’huile de palme, est l’in­gré­di­ent phare de cette cui­sine. Son goût unique et sa couleur orangée car­ac­téris­tique se retrou­vent dans de nom­breux plats bahi­anais. Les nutri­tion­nistes soulig­nent ses bien­faits pour la san­té, notam­ment sa richesse en vit­a­mine E et en caroténoïdes.

Les desserts bahi­anais ne sont pas en reste. Le quindim, flan à base de jaunes d’œufs, de noix de coco et de sucre, séduit par sa tex­ture crémeuse et son goût sub­til. Le bolin­ho de estu­dante, petit gâteau frit par­fumé à la can­nelle, devient le nou­veau snack ten­dance dans les cafés branchés du monde entier.

Cette pop­u­lar­ité crois­sante de la cui­sine de Bahia s’ac­com­pa­gne d’un intérêt renou­velé pour l’his­toire et la cul­ture de cette région. Les cours de cui­sine bahi­anaise affichent com­plet, tan­dis que les voy­ages culi­naires à Sal­vador de Bahia con­nais­sent un boom sans précé­dent.

L’en­goue­ment pour cette gas­tronomie a égale­ment un impact posi­tif sur l’é­conomie locale. Les petits pro­duc­teurs de la région de Bahia voient leurs pro­duits val­orisés sur la scène inter­na­tionale. Des coopéra­tives de femmes, per­pé­tu­ant les tra­di­tions culi­naires ances­trales, trou­vent de nou­veaux débouchés pour leurs pro­duits arti­sanaux.

Cepen­dant, cette pop­u­lar­ité soulève des ques­tions sur l’au­then­tic­ité et la préser­va­tion des tra­di­tions. Cer­tains chefs bahi­anais s’in­quiè­tent de voir leur cui­sine dénaturée par une inter­na­tion­al­i­sa­tion trop rapi­de. Maria dos San­tos, célèbre Baiana de Sal­vador, insiste : “Notre cui­sine est bien plus qu’une liste d’in­gré­di­ents. C’est toute une his­toire, une cul­ture, un art de vivre qu’il faut respecter et trans­met­tre.”

Pour répon­dre à ces préoc­cu­pa­tions, des ini­tia­tives voient le jour pour préserv­er et pro­mou­voir l’au­then­tic­ité de la cui­sine bahi­anaise. L’UNESCO envis­age d’in­scrire la gas­tronomie de Bahia au pat­ri­moine cul­turel immatériel de l’hu­man­ité, une recon­nais­sance qui per­me­t­trait de pro­téger ce tré­sor culi­naire.

En con­clu­sion, la cui­sine de Bahia, avec ses saveurs uniques et son his­toire riche, s’im­pose comme l’une des gas­tronomies les plus exci­tantes du moment. Elle offre bien plus qu’un sim­ple voy­age gus­ta­tif ; c’est une plongée dans la cul­ture afro-brésili­enne, un métis­sage culi­naire qui racon­te l’his­toire d’un peu­ple et d’une région. À l’heure où la quête d’au­then­tic­ité et de sens dans notre ali­men­ta­tion devient pri­mor­diale, la cui­sine bahi­anaise apporte une réponse savoureuse et pro­fondé­ment humaine.

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