Denis Villeneuve, le réalisateur visionnaire derrière “Blade Runner 2049” et “Dune”, nous offre sa vision épique de l’une des figures les plus emblématiques de l’histoire : Cléopâtre. Avec Zendaya dans le rôle-titre, ce nouveau “Cleopatra” redéfinit le film historique pour le 21e siècle, mêlant avec brio spectacle visuel grandiose et profondeur psychologique.
Dès les premières images, Villeneuve nous plonge dans un Égypte antique à la fois familière et étrangement futuriste. Les pyramides et le Sphinx côtoient des structures aux lignes épurées, créant un univers visuel unique qui évoque autant l’Égypte historique qu’un lointain avenir. Cette approche audacieuse de la direction artistique, signée Patrice Vermette, crée un cadre fascinant pour l’histoire de Cléopâtre.
Zendaya livre une performance magistrale dans le rôle de Cléopâtre. Loin des clichés de la séductrice manipulatrice, elle incarne une reine complexe, brillante stratège politique et visionnaire scientifique. Sa Cléopâtre est une femme en avance sur son temps, luttant contre les contraintes de son époque et de son sexe pour réaliser sa vision d’un Égypte puissante et progressiste.
Le scénario, co-écrit par Villeneuve et Eric Roth, s’écarte des récits traditionnels pour se concentrer sur les premières années du règne de Cléopâtre. Nous suivons son ascension au pouvoir, ses luttes contre son frère Ptolémée XIII, et ses efforts pour moderniser l’Égypte tout en naviguant dans les eaux troubles de la politique romaine.
Les scènes de bataille sont spectaculaires, avec une attention particulière portée à l’authenticité historique des tactiques et des armes. La bataille navale d’Alexandrie, en particulier, est un chef-d’œuvre de tension et de chorégraphie, rivalisant avec les meilleures scènes d’action du cinéma contemporain.
Mais c’est dans les moments plus intimes que le film brille vraiment. Les scènes entre Cléopâtre et ses conseillers, notamment sa confidente Charmion (jouée avec subtilité par Lupita Nyong’o), révèlent la profondeur du personnage et les dilemmes auxquels elle est confrontée.
La relation entre Cléopâtre et Jules César (incarné par un Timothée Chalamet charismatique) est traitée avec nuance, évitant les clichés romantiques pour se concentrer sur la dynamique de pouvoir et d’influence mutuelle entre ces deux figures historiques.
La bande sonore de Hans Zimmer, mêlant instruments traditionnels égyptiens et orchestrations modernes, ajoute une dimension émotionnelle puissante au film. Les thèmes musicaux évoluent subtilement au fil du récit, reflétant la transformation de Cléopâtre d’une jeune reine inexpérimentée à une dirigeante assurée.

Villeneuve n’hésite pas à aborder des thèmes contemporains à travers le prisme de l’histoire antique. Les questions de genre, de pouvoir et d’impérialisme résonnent fortement avec notre époque, sans jamais tomber dans l’anachronisme ou le prêchi-prêcha.
Si certains puristes pourraient critiquer les libertés prises avec l’histoire, “Cleopatra” reste fidèle à l’esprit de son sujet tout en offrant une interprétation fraîche et pertinente pour un public moderne.
En conclusion, “Cleopatra” de Denis Villeneuve est un triomphe cinématographique qui redéfinit le film historique. Visuellement époustouflant, intellectuellement stimulant et émotionnellement puissant, il offre une nouvelle perspective sur l’une des figures les plus fascinantes de l’histoire. Zendaya confirme son statut de star majeure avec une performance qui restera dans les annales du cinéma. Un film à ne pas manquer, qui marquera sans doute l’histoire du cinéma comme Cléopâtre a marqué l’histoire du monde.