Un nouveau rapport alarmant de l’ONU, publié hier, met en lumière la persistance des violences sexuelles comme arme de guerre dans les zones de conflit. Ce document, basé sur des données recueillies en 2024, révèle que les femmes et les filles restent les principales victimes de ces atrocités, notamment en République Démocratique du Congo (RDC) et en Syrie.
En RDC, le rapport fait état de plus de 5000 cas de violences sexuelles liées au conflit en 2024, une augmentation de 15% par rapport à l’année précédente. La majorité des victimes sont des femmes et des filles vivant dans les régions de l’est du pays, où persistent des affrontements entre groupes armés.
En Syrie, malgré une diminution relative de l’intensité du conflit, les cas de violences sexuelles restent nombreux, particulièrement dans les camps de déplacés. Le rapport estime que 60% des femmes réfugiées syriennes ont subi une forme de violence sexuelle depuis le début du conflit.
Ces violences ont des conséquences dévastatrices sur la santé physique et mentale des victimes. Dr. Amina Farah, experte en santé publique auprès de l’OMS, souligne : “Outre les traumatismes physiques immédiats, ces violences entraînent des séquelles psychologiques durables, des grossesses non désirées et un risque accru de contracter le VIH et d’autres IST.”

Face à cette situation, l’ONU appelle à une action internationale concertée. Parmi les recommandations du rapport :
- Renforcer les mécanismes de protection des femmes et des filles dans les zones de conflit.
- Améliorer l’accès aux soins médicaux et psychologiques pour les survivantes.
- Lutter contre l’impunité en renforçant les poursuites judiciaires contre les auteurs de ces crimes.
Des initiatives locales apportent une lueur d’espoir. En RDC, l’hôpital de Panzi, fondé par le Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix, continue son travail de prise en charge holistique des survivantes. En Syrie, des organisations de femmes mettent en place des programmes de soutien psychosocial et d’autonomisation économique pour les victimes.
La communauté internationale se mobilise également. L’Union Européenne a annoncé un fonds d’urgence de 50 millions d’euros pour soutenir les programmes d’aide aux victimes de violences sexuelles dans les zones de conflit.Cependant, les experts soulignent que ces efforts restent insuffisants face à l’ampleur du problème. “Il est crucial d’intégrer la protection contre les violences sexuelles dans toutes les opérations de maintien de la paix et les processus de résolution des conflits”, insiste Mme Pramila Patten, Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU sur la violence sexuelle dans les conflits.
Ce rapport rappelle que la lutte contre les violences sexuelles en temps de guerre reste un défi majeur pour la communauté internationale, nécessitant une approche globale et coordonnée.