Partie 1 : Avant 1960 — Belles et rêveuses, beautés et déesses d’antan
La beauté féminine a toujours fasciné, évoluant au fil des siècles pour refléter les valeurs, les croyances et les aspirations des sociétés. Avant 1960, les standards de beauté étaient profondément influencés par la culture, l’art et les contextes historiques. Cette première partie du dossier explore l’évolution de ces idéaux, des Vénus paléolithiques aux premières icônes glamour du XXe siècle.
1. Préhistoire et Antiquité : La fertilité et l’harmonie
Les Vénus paléolithiques : La célébration de la fertilité
Les premières représentations de la beauté féminine remontent à la Préhistoire avec les célèbres Vénus paléolithiques, comme la “Vénus de Willendorf”. Ces statuettes, datées entre 40 000 et 20 000 avant J.-C., étaient souvent réalisées en ivoire, calcaire ou terre cuite. Elles présentent des formes généreuses : hanches larges, ventre arrondi et poitrine volumineuse. Ces caractéristiques symbolisaient la fertilité et la prospérité dans des sociétés où la survie dépendait de la capacité à porter et nourrir des enfants. Ces statuettes étaient parfois utilisées comme objets rituels ou pendentifs protecteurs dans les habitations

L’Antiquité grecque : L’harmonie et l’équilibre
Dans la Grèce antique, l’idéal de beauté féminine reposait sur l’harmonie des proportions. Les sculptures de déesses telles qu’Aphrodite témoignent d’une recherche d’équilibre entre douceur et athlétisme. Le corps féminin était perçu comme un reflet de l’ordre cosmique, incarnant une symétrie parfaite entre nature et raison. Les femmes aux silhouettes élancées mais robustes représentaient cet idéal esthétique qui valorisait également une peau claire et un port gracieux
L’Égypte ancienne : L’élégance intemporelle
En Égypte, la beauté féminine était synonyme d’élégance sophistiquée. Les reines Néfertiti et Cléopâtre sont devenues des icônes intemporelles grâce à leur maquillage élaboré (khôl noir pour souligner les yeux) et leurs coiffures soignées. La peau claire était valorisée comme un symbole de statut social élevé, tandis que les bijoux luxueux accentuaient leur allure royale. L’esthétique égyptienne mettait également en avant des bras minces et des jambes longues, incarnant une jeunesse éternelle.
2. Moyen Âge : La pudeur sous influence religieuse
Le Moyen Âge marque une rupture avec l’Antiquité en matière de standards de beauté. Sous l’influence de la religion chrétienne, les idéaux esthétiques se recentrent sur la pureté et la modestie.
La femme idéale : pureté et piété
La peau pâle était recherchée car elle symbolisait une vie pieuse éloignée du travail manuel en extérieur. Les cheveux longs étaient considérés comme un symbole de féminité mais devaient être dissimulés sous des voiles ou des coiffes pour préserver la pudeur. Les silhouettes étaient volontairement pudiques, avec des robes amples dissimulant les formes du corps.

Figures emblématiques du Moyen Âge
Certaines figures historiques comme Aliénor d’Aquitaine ou Jeanne d’Arc ont marqué cette époque en incarnant une beauté alliant force intérieure et charisme. Ces femmes ont défié les conventions tout en inspirant respect et admiration dans un monde dominé par les valeurs religieuses.
3. Renaissance : Le triomphe de l’art et du “beau sexe”
Avec la Renaissance (XIVe-XVIe siècles), l’Europe redécouvre l’art classique et réinvente les canons de beauté.
Une esthétique pleine de douceur et sensualité
Les femmes sont représentées avec des formes pleines, symbole de santé et de richesse. Les artistes comme Botticelli célèbrent cette esthétique dans leurs œuvres emblématiques telles que La Naissance de Vénus. La peau claire reste un idéal, souvent accentué par des poudres blanches riches en plomb – malheureusement toxiques.

Le concept du “beau sexe“
La Renaissance marque aussi l’émergence du concept de “beau sexe”, où la femme est idéalisée pour sa grâce naturelle et sa capacité à inspirer l’art. Cependant, cette beauté reste contrôlée : les femmes doivent incarner une perfection immobile qui reflète leur rôle décoratif dans une société patriarcale.
4. XVIIe-XIXe siècles : Nature ou artifice ?
Le faste baroque au XVIIe siècle
À l’époque baroque, la beauté devient extravagante. Les perruques imposantes, corsets serrés et robes volumineuses dominent les cours européennes. Les joues rosées et lèvres rouges étaient obtenues grâce à des cosmétiques souvent dangereux pour la santé.

Retour au naturel avec les Lumières (XVIIIe siècle)
Avec le siècle des Lumières, un retour à une beauté plus naturelle s’opère sous l’influence de penseurs comme Rousseau. Marie-Antoinette incarne cette dualité entre naturel apparent (teint frais) et artifice maîtrisé (coiffures élaborées).
Le XIXe siècle : Entre vertu bourgeoise et romantisme fragile
Au XIXe siècle, deux modèles coexistent :
- La bourgeoise vertueuse, symbole de respectabilité.
- La “belle malade”, popularisée par le romantisme littéraire où pâleur extrême et fragilité deviennent séduisantes.
Les corsets atteignent leur apogée durant cette période, soulignant une taille fine au détriment du confort physique
5. XXe siècle (avant 1960) : Le glamour naissant
Avec le XXe siècle débute une nouvelle ère pour la beauté féminine.
Les années 1920 : L’ère androgyne des garçonnes
Les années folles voient émerger un idéal plus androgyne avec les garçonnes incarnées par Louise Brooks ou Coco Chanel. Les cheveux courts deviennent tendance tandis que le maquillage gagne en popularité grâce aux actrices hollywoodiennes.

Les années 1940–50 : Le glamour hollywoodien
Dans les années 40–50, le glamour hollywoodien domine avec des icônes comme Marilyn Monroe ou Grace Kelly. Ces femmes incarnent une beauté sophistiquée mais accessible, marquant le début d’une démocratisation des standards esthétiques grâce au cinéma.
Conclusion
Avant 1960, chaque époque a défini ses propres standards esthétiques en fonction de ses valeurs culturelles, sociales ou religieuses. Des Vénus paléolithiques aux icônes glamour d’Hollywood, ces idéaux reflètent bien plus que des goûts esthétiques : ils traduisent également les aspirations profondes des sociétés humaines.
Dans la prochaine partie du dossier spécial BOBEA, nous explorerons comment les décennies 1960–1980 ont transformé ces standards avec l’émergence du mouvement “Sexe and Love” dans le mannequinat et la mode.