Les élections de la Chambre d’Agriculture en France, qui se sont tenues hier, ont marqué un tournant historique avec une participation record des femmes, tant comme électrices que comme candidates. Cette évolution reflète un changement profond dans le paysage agricole français, traditionnellement dominé par les hommes.
Selon les chiffres préliminaires du Ministère de l’Agriculture, la participation des femmes a atteint 42%, soit une augmentation de 15 points par rapport aux dernières élections de 2019. Plus remarquable encore, 38% des candidats étaient des femmes, contre seulement 22% lors du scrutin précédent.
Marie Dupont, présidente de l’association “Femmes & Agriculture”, se réjouit de cette évolution : “C’est un pas de géant pour la représentation des femmes dans le secteur agricole. Cela montre que les mentalités changent et que les femmes prennent de plus en plus leur place dans ce domaine crucial de notre économie.”
Plusieurs facteurs expliquent cette hausse de la participation féminine. D’abord, une campagne de sensibilisation menée par le gouvernement et diverses associations a encouragé les femmes à s’impliquer davantage dans la gouvernance agricole. Ensuite, des changements législatifs ont facilité l’accès des femmes à la propriété agricole et aux responsabilités dans les exploitations.

Parmi les candidates marquantes, on note Sophie Martin, 35 ans, agricultrice bio dans le Lot-et-Garonne, qui a fait campagne sur un programme d’agriculture durable et de circuits courts. “Il est temps que la voix des femmes soit entendue dans les décisions qui façonnent l’avenir de notre agriculture,” a‑t-elle déclaré après l’annonce de sa victoire.Les enjeux de ces élections étaient particulièrement importants cette année, avec des défis majeurs comme l’adaptation au changement climatique, la transition vers une agriculture plus durable et la gestion de la crise de l’eau. La présence accrue des femmes pourrait apporter de nouvelles perspectives sur ces questions cruciales.
Cependant, des défis persistent. Malgré cette progression, les femmes restent sous-représentées dans les instances dirigeantes des Chambres d’Agriculture. De plus, certaines candidates ont rapporté avoir fait face à des attitudes sexistes durant la campagne.
Le ministre de l’Agriculture, Pierre Leroy, a salué cette évolution tout en reconnaissant qu’il reste du chemin à parcourir : “Cette participation record des femmes est un signal fort. Nous devons continuer à travailler pour une égalité réelle dans tous les aspects du secteur agricole.”
Cette élection pourrait avoir des répercussions au-delà du secteur agricole. Elle montre que même dans les domaines traditionnellement masculins, les femmes peuvent s’imposer et apporter un changement significatif. Cela pourrait inspirer d’autres secteurs à redoubler d’efforts pour promouvoir la diversité et l’inclusion.
Alors que les résultats définitifs sont attendus dans les prochains jours, une chose est claire : le visage de l’agriculture française est en train de changer, et les femmes sont en première ligne de cette transformation.