L’Union européenne vient de franchir une étape majeure dans la régulation de l’intelligence artificielle (IA) avec l’adoption d’une loi novatrice visant à protéger l’égalité des genres dans le domaine numérique. Cette législation, baptisée “AI Equality Act”, est une réponse directe aux préoccupations croissantes concernant les biais de genre dans les systèmes d’IA.La commissaire européenne au numérique, Margrethe Vestager, a déclaré lors de la présentation de la loi : “L’IA façonne notre avenir, mais elle ne doit pas perpétuer les inégalités du passé. Cette loi garantira que les femmes et les hommes bénéficient équitablement des avancées technologiques.”
Parmi les mesures phares de cette loi, on trouve l’obligation pour les entreprises développant des systèmes d’IA de réaliser des audits de genre réguliers. Ces audits viseront à identifier et éliminer tout biais sexiste dans les algorithmes, qu’il s’agisse de systèmes de recrutement, d’évaluation de crédit ou de reconnaissance faciale.La loi impose également des quotas de diversité dans les équipes de développement d’IA. Les entreprises devront s’assurer qu’au moins 40% de leurs ingénieurs en IA sont des femmes d’ici 2030. Pour atteindre cet objectif, un fonds européen de 5 milliards d’euros a été créé pour financer l’éducation et la formation des femmes dans les domaines de l’IA et de la science des données.Un autre aspect innovant de la loi est la création d’un “AI Gender Watchdog”, un organisme indépendant chargé de surveiller l’application de la loi et d’enquêter sur les plaintes liées aux discriminations de genre dans l’IA.Les réactions à cette loi sont largement positives. La Dr. Ada Lovelace, présidente de l’Association européenne pour l’IA éthique, a salué cette initiative : “C’est un pas gigantesque vers un avenir numérique plus équitable. Cette loi montre que l’Europe est déterminée à être un leader mondial en matière d’IA éthique et inclusive.”
Cependant, certains acteurs de l’industrie tech expriment des inquiétudes quant à la mise en œuvre pratique de ces mesures. L’association européenne des startups d’IA appelle à une période de transition plus longue pour permettre aux petites entreprises de s’adapter.
Alors que la loi entrera en vigueur dans 18 mois, le monde entier observe attentivement cette initiative européenne qui pourrait bien devenir un modèle global pour la régulation de l’IA dans une perspective d’égalité des genres.