La Conférence des Nations Unies sur l’Océan s’est ouverte hier à Nice, rassemblant des experts, des décideurs politiques et des militants du monde entier. Cette année, l’événement met particulièrement en lumière le rôle crucial des femmes dans la protection et la gestion durable des océans.
Les femmes, gardiennes des océans
Sylvia Earle, océanographe de renom et figure de proue de la protection des océans, a ouvert la conférence avec un discours poignant : “Les femmes ont toujours été les gardiennes silencieuses de nos océans. Il est temps que leur voix soit entendue et que leur expertise soit pleinement reconnue.”
Chiffres clés :
- Les femmes représentent 47% de la main-d’œuvre dans le secteur de la pêche mondiale
- Seulement 2% des PDG dans l’industrie maritime sont des femmes
- 38% des chercheurs en sciences marines sont des femmes
Initiatives phares présentées lors de la conférence
- Programme “Women4Oceans“
Lancé par l’ONU Femmes et le PNUE, ce programme vise à former et soutenir 10 000 femmes leaders dans la gestion durable des ressources marines d’ici 2030.
- Fonds “Blue Sisters“
Un nouveau fonds d’investissement dédié aux start-ups marines fondées par des femmes, avec un capital initial de 500 millions de dollars.
- Réseau “Mermaid Scientists“
Une plateforme internationale connectant les chercheuses en sciences marines pour favoriser la collaboration et le mentorat.
Les défis persistants
Malgré ces avancées, de nombreux défis persistent :
- Discrimination dans l’accès aux postes à responsabilité dans le secteur maritime
- Manque de financement pour les projets de recherche menés par des femmes
- Sous-représentation dans les instances décisionnelles internationales sur l’océan
Témoignages inspirants
Ayana Elizabeth Johnson, biologiste marine et fondatrice de Ocean Collectiv, a partagé son expérience : “En tant que femme noire dans les sciences marines, j’ai dû surmonter de nombreux obstacles. Mais notre perspective unique est essentielle pour une gestion holistique des océans.”
Kerstin Forsberg, biologiste marine péruvienne et lauréate du prix Goldman pour l’environnement, a souligné : “Les femmes des communautés côtières détiennent des connaissances traditionnelles précieuses. Intégrer leur savoir est crucial pour une gestion durable des océans.”
Engagements et résolutions
La conférence s’est conclue par l’adoption de plusieurs résolutions importantes :
- Objectif de 40% de femmes dans les postes de direction du secteur maritime d’ici 2030
- Création d’un fonds spécial pour soutenir la recherche océanographique menée par des femmes
- Intégration systématique de la dimension genre dans tous les programmes de conservation marine
L’impact sur les communautés côtières
Un focus particulier a été mis sur le rôle des femmes dans les communautés côtières :
- Lancement de programmes de microcrédits pour les femmes pêcheuses
- Soutien aux coopératives féminines d’aquaculture durable
- Formation aux techniques de gestion durable des mangroves
Perspectives
Cette conférence marque un tournant dans la reconnaissance du rôle essentiel des femmes dans la protection des océans. Cependant, comme l’a souligné la Dre Lisa Levin, océanographe à l’Institut Scripps d’océanographie : “Ce n’est que le début. Nous devons continuer à briser les barrières et à créer des opportunités pour les femmes à tous les niveaux de la science et de la gestion des océans.”
Conclusion
La Conférence de l’ONU sur l’Océan à Nice a mis en lumière le rôle indispensable des femmes dans la sauvegarde de nos mers. En reconnaissant leur expertise, en valorisant leur leadership et en soutenant leurs initiatives, nous ouvrons la voie à une gestion plus équitable et plus efficace de nos ressources marines. Le chemin vers l’égalité dans ce domaine est encore long, mais les engagements pris à Nice représentent un pas important dans la bonne direction