La 30e Conférence des Parties (COP30) sur le changement climatique s’est ouverte hier à Nairobi, au Kenya, marquant un tournant historique dans la lutte contre le réchauffement climatique. Pour la première fois, les femmes sont au cœur des négociations, occupant des postes clés et portant des initiatives audacieuses pour accélérer la transition écologique.
Dès l’ouverture de la conférence, l’ambiance était électrique. Des milliers de délégués du monde entier se sont rassemblés dans le centre de conférence flambant neuf de Nairobi, construit spécialement pour l’occasion avec des matériaux durables et alimenté entièrement par l’énergie solaire. Les drapeaux des 197 pays participants flottaient fièrement, symbolisant l’unité face à la crise climatique.
La présidente de la COP30, la Kényane Wanjira Mathai, fille de la célèbre militante écologiste Wangari Maathai, a donné le ton dans son discours d’ouverture. “Nous sommes à un moment charnière de l’histoire”, a‑t-elle déclaré. “Les femmes, longtemps en première ligne des impacts du changement climatique, sont aujourd’hui en première ligne des solutions.”
Cette affirmation n’est pas qu’une simple rhétorique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 60% des délégations nationales sont dirigées par des femmes cette année, contre seulement 25% lors de la COP25 en 2019. Parmi les négociateurs principaux, la proportion de femmes atteint 55%, un record absolu dans l’histoire des COP.
Mais au-delà des chiffres, ce sont les initiatives portées par ces femmes leaders qui font la différence. Christiana Figueres, l’architecte de l’Accord de Paris, a présenté un plan ambitieux pour accélérer la transition vers les énergies renouvelables dans les pays en développement. Son projet, baptisé “Solar Sisters”, vise à former un million de femmes entrepreneures dans le domaine de l’énergie solaire d’ici 2030.De son côté, Greta Thunberg, désormais âgée de 28 ans et conseillère spéciale auprès du Secrétaire général de l’ONU, a lancé un appel vibrant à la jeunesse mondiale. “Nous ne sommes plus l’avenir, nous sommes le présent”, a‑t-elle martelé devant une foule enthousiaste. Son initiative “Climate Now” propose de mobiliser 100 millions de jeunes dans des actions concrètes pour le climat, allant de la plantation d’arbres à la création de start-ups vertes.
L’une des surprises de cette première journée a été l’intervention de Vanessa Nakate, l’activiste ougandaise devenue ministre de l’Environnement de son pays. Elle a présenté le “Green Africa Fund”, un mécanisme de financement innovant qui vise à lever 50 milliards de dollars pour des projets d’adaptation au changement climatique en Afrique. “Nous ne voulons plus être des victimes, mais des acteurs du changement”, a‑t-elle affirmé sous les applaudissements.
Les discussions techniques ont également débuté, avec un focus particulier sur la question épineuse des “pertes et dommages”. Sherry Rehman, la ministre pakistanaise du Changement climatique, a partagé le témoignage poignant des communautés affectées par les inondations dévastatrices de 2022. Son plaidoyer pour un mécanisme de compensation rapide et efficace a trouvé un écho favorable auprès de nombreuses délégations.
Dans les couloirs du centre de conférence, l’atmosphère était à l’optimisme prudent. “C’est la première fois que je sens une réelle volonté d’agir, pas seulement de parler”, confie Maria Silva, une négociatrice brésilienne. “Les femmes apportent une perspective différente, plus orientée vers les solutions concrètes et l’action à long terme.“Cependant, les défis restent immenses. Les tensions entre pays développés et en développement sur la question du financement climatique persistent. Les lobbies des énergies fossiles, bien que moins visibles que lors des précédentes COP, continuent d’exercer une influence en coulisses.
Alors que la nuit tombe sur Nairobi, les négociations se poursuivent dans les salles de réunion. Les femmes leaders du climat, déterminées et unies, semblent prêtes à relever le défi. “Nous n’avons pas le luxe d’échouer”, rappelle Wanjira Mathai. “L’avenir de notre planète et des générations futures est entre nos mains.“La COP30 ne fait que commencer, mais déjà, elle s’annonce comme un tournant dans l’histoire de la lutte contre le changement climatique. Avec les femmes aux commandes, l’espoir d’un accord ambitieux et contraignant n’a jamais semblé aussi tangible.