Introduction :
L’onde de choc Le 13 janvier 2026, le constat est amer pour une partie des militantes de la première heure : le front uni des femmes semble se fissurer sous le poids de querelles intestines. Si la lutte pour l’égalité a permis des avancées historiques (que nous avons célébrées dans nos précédents articles), elle a aussi engendré des courants radicaux dont la virulence interroge. Aujourd’hui, dans les cercles intellectuels comme sur les réseaux sociaux, les femmes s’affrontent sur la définition même du féminisme. Entre la “cancel culture”, les exclusions idéologiques et le rejet de toute nuance, une question brûlante émerge : faut-il mettre un frein aux luttes pour les femmes à cause de ces excès, ou s’agit-il d’une crise de croissance nécessaire ?
I. La fragmentation des luttes : Quand l’idéologie divise
Le féminisme de 2026 n’est plus un bloc monolithique. L’enquête de BOBEA MAGAZINE révèle une fragmentation en plusieurs camps qui ne se parlent plus.
1. Le choc des générations : 1975 vs 2026 Comme nous l’évoquions dans notre premier article, les pionnières qui se sont battues pour l’IVG et l’indépendance financière regardent avec effarement les nouvelles méthodes de militantisme. Pour les “anciennes”, le féminisme était universaliste. Pour la nouvelle garde de 2026, il est intersectionnel, décolonial et parfois séparatiste. Ce conflit de générations crée des blocages au sein des associations, où les débats sur le langage inclusif ou la place des femmes trans occultent parfois les luttes pour l’égalité salariale.
2. La “Cancel Culture” : L’inquisition au féminin ? C’est le point le plus sombre de l’année 2025. Des femmes ont été publiquement ostracisées par d’autres femmes pour avoir exprimé une nuance ou un doute sur certaines méthodes radicales. Ce climat de “chasse aux sorcières” interne paralyse la pensée. “On a peur de mal dire, peur d’être étiquetée comme traîtresse à la cause”, témoigne une intellectuelle sous couvert d’anonymat. L’excès, ici, réside dans le refus du débat, transformant une lutte pour la liberté en un système de surveillance mutuelle.
II. Les dérives du militantisme : Le risque de l’exclusion
L’un des excès les plus critiqués en 2026 est la tendance au “séparatisme radical”.
3. Le rejet de l’homme : Une impasse stratégique ? Certains courants radicaux prônent en 2026 un féminisme sans les hommes, voire contre eux. Si la non-mixité a une utilité thérapeutique, son érection en système politique pose problème. Comment transformer la société si la moitié de l’humanité est désignée comme l’ennemi héréditaire ? Le Dossier 1 sur les “12 hommes de l’année” montre pourtant qu’une alliance est possible. L’excès de colère, bien que légitime au regard de l’histoire, risque de transformer le mouvement en une citadelle assiégée, coupée des réalités du terrain où hommes et femmes cohabitent et collaborent.

4. La victimisation systématique Un autre excès analysé par notre rédaction est la réduction de la femme à un statut d’éternelle victime. En 2026, de nombreuses voix s’élèvent pour dire : “Nous sommes puissantes, ne nous enfermez pas dans nos traumatismes.” Le danger de ce féminisme de la plainte est qu’il occulte la capacité d’action (l’agency) des femmes. À force de dénoncer l’oppression partout, on finit par nier la force réelle de celles qui dirigent, créent et innovent (Article 8).
III. Faut-il arrêter les luttes ? Le verdict de 2026
Face à ces excès, une partie de l’opinion publique sature. Les sondages de début d’année montrent une fatigue, voire un rejet du mot “féminisme” chez les jeunes générations, qui y voient une source de conflit permanent.
5. Le risque du “Backlash” (Le retour de bâton) L’histoire nous l’enseigne : l’excès appelle la réaction. En 2026, les mouvements masculinistes et conservateurs se nourrissent des maladresses du féminisme radical pour justifier un retour aux valeurs patriarcales. “Si vous continuez ainsi, vous allez perdre tout ce que vous avez gagné”, préviennent certains sociologues. Arrêter les luttes ? Certainement pas. La précarité des femmes, les violences et le plafond de verre sont encore trop réels. Mais le dossier suggère une pause réflexive.
6. Vers un “Féminisme de Réconciliation” La conclusion de notre enquête est un appel au calme. En 2026, la lutte pour les femmes doit mûrir. Elle doit intégrer la nuance, accepter la contradiction et surtout, cesser de s’autodétruire. Les excès ne sont pas une raison pour abandonner le combat, mais un signal qu’il faut changer de méthode. Le féminisme de demain sera inclusif ou ne sera pas ; il devra apprendre à pardonner, à intégrer les hommes de bonne volonté et à se concentrer sur les résultats concrets plutôt que sur la pureté idéologique.