Par la Rédaction de BOBEA – Édition Spéciale du 29 Décembre 2025
Alors que les dernières heures de l’année 2025 s’égrènent, le sentiment qui prédomine au sein des chancelleries, des universités et des cercles de décision n’est plus seulement l’inquiétude, mais une forme de résolution lucide. Si 2025 restera dans l’histoire comme l’année du « Grand Basculement » — marquée par des ruptures géopolitiques majeures, l’accélération climatique et l’avènement d’une intelligence artificielle ubiquitaire — 2026 s’annonce comme l’an 0 d’une reconstruction structurelle. Pour BOBEA, le magazine des femmes engagées et intellectuelles, ce passage à la nouvelle année n’est pas une simple transition calendaire, c’est une mutation ontologique.
I. La Fin du Patriarcat de Crise : Vers une Diplomatie du « Care »
Le premier pilier de 2026 sera celui de la redéfinition du pouvoir. Tout au long de l’année 2025, nous avons observé les limites tragiques d’une diplomatie fondée sur la démonstration de force et l’hégémonie territoriale. Que ce soit en Mer de Chine, dans les montagnes du Caucase ou dans les plaines d’Europe de l’Est, le modèle de confrontation viriliste a échoué à garantir la stabilité mondiale.
En 2026, nous prévoyons l’émergence d’une « Diplomatie des Gardiennes ». Ce concept, porté par une nouvelle génération de dirigeantes et d’intellectuelles, place la préservation du vivant et la sécurité humaine avant les intérêts souverains abstraits. Cette approche, que certains qualifient de « politique étrangère féministe », ne se contente pas d’inclure des femmes à la table des négociations ; elle change la nature même de la discussion. L’enjeu n’est plus de savoir qui domine le territoire, mais comment les infrastructures de soin, d’éducation et d’écologie peuvent survivre aux tensions. La reconstruction de 2026 passera par des traités de « solidarité fonctionnelle », où l’interdépendance économique sera utilisée non plus comme une arme, mais comme un bouclier contre la barbarie.
II. L’Économie Régénérative : Dépasser le Dogme de la Croissance
L’économie de 2026 ne pourra plus se satisfaire des indicateurs du siècle passé. Le PIB, cette mesure aveugle qui ignore la destruction du capital naturel et social, est en train de perdre sa sacralité. Le dossier de « L’Algue des Gardiennes », que nous avons largement couvert cette année, est le parfait exemple de ce qui nous attend.
En 2026, l’économie sera « bleue » et « circulaire » ou elle ne sera pas. Le passage d’une économie extractive à une économie régénérative sera le grand défi des chefs d’entreprise. Pour les lectrices de BOBEA, dirigeantes et universitaires, cela signifie repenser la valeur. La richesse d’une nation ou d’une entreprise se mesurera à sa capacité à restaurer les écosystèmes qu’elle utilise. Nous verrons l’apparition de « bilans de santé civilisationnels » où la santé mentale des employés et la biodiversité des sols figureront au même rang que les bénéfices nets. L’Euro numérique, lancé fin 2025, sera l’outil de cette traçabilité éthique, permettant de favoriser les circuits courts et les investissements à impact positif.
III. Technologie et Dignité : La Nouvelle Frontière de l’Humain
L’intelligence artificielle a franchi un point de non-retour en 2025. Après la fascination et la peur, 2026 sera l’année du règlement et de la cohabitation. Le concept de « Dignité Numérique », que BOBEA défend avec ferveur, deviendra le pivot législatif de l’Union Européenne.

Le défi de 2026 sera de protéger ce qui nous rend irremplaçables : l’intuition, l’empathie et la capacité de rupture créative. Nous assisterons à une renaissance des humanités. Les universités réinjecteront massivement de la philosophie, de l’éthique et de l’histoire de l’art dans les cursus technologiques. Pourquoi ? Parce qu’un algorithme sans conscience n’est qu’une machine à reproduire le passé. Pour reconstruire sur les décombres de 2025, nous aurons besoin de visions prospectives que seule la sensibilité humaine peut forger. Les femmes auront ici un rôle prépondérant, non par essence, mais par expérience historique de la gestion de la complexité et de l’altérité.
IV. Le Matriarcat de la Résilience : Un Nouveau Contrat Social
Le dossier sur le « Nouveau Matriarcat » qui a dominé la littérature en cette fin d’année n’est pas une utopie, c’est une nécessité pragmatique. En 2026, le contrat social sera réécrit autour de la notion de résilience communautaire. Face à l’imprévisibilité climatique et technologique, les structures pyramidales et rigides s’effondrent. Ce qui tient, ce sont les réseaux, les collectifs, les structures horizontales.
Ce « Matriarcat de la Résilience » se manifeste déjà dans la gestion des crises locales. En 2026, nous verrons cette approche infuser les politiques nationales. La priorité sera donnée à la « sécurité de base » : accès universel à une alimentation de qualité, énergie décentralisée et réseaux de santé de proximité. C’est une forme de retour au « localisme éclairé » où la technologie de pointe sert à renforcer l’autonomie des territoires plutôt qu’à les asservir à des flux globaux incertains.
V. L’Héritage des Icônes : De la Révolte à l’Institution
L’année 2025 s’achève sur la perte de Brigitte Bardot et le retrait progressif de figures comme Brigitte Macron. Ces femmes ont, chacune à leur manière, incarné une forme de résistance et de dignité. Mais 2026 ne sera pas une année de deuil ; ce sera une année d’institutionnalisation de leurs combats.
Le combat de Bardot pour les animaux devient en 2026 un combat pour le « droit du vivant ». L’engagement de Brigitte Macron pour la culture et l’éducation devient une charte pour la « transmission intergénérationnelle ». Le flambeau est désormais entre les mains de ces 12 influenceuses intellectuelles que nous avons saluées. Leur défi pour 2026 sera de transformer la viralité en durabilité. Elles devront passer du statut d’icônes de la révolte à celui d’architectes de la nouvelle société.
VI. Conclusion : L’Audace d’Espérer
Reconstruire sur des décombres demande plus que du courage ; cela demande de l’imagination. Le monde de 2026 sera complexe, mouvant, parfois violent, mais il sera aussi incroyablement ouvert. Pour la première fois depuis des décennies, les vieilles certitudes sont tombées. Le dogme de la domination masculine, celui de la croissance infinie et celui de la technologie salvatrice ont tous montré leurs limites en 2025.
Pour les femmes de BOBEA, 2026 est une page blanche. C’est le moment où l’intelligence émotionnelle rencontre la rigueur académique, où le militantisme rencontre la stratégie. Nous ne nous contenterons plus d’être les victimes des crises mondiales ou les témoins de notre propre effacement. En 2026, nous serons les bâtisseuses.
L’audace ne consistera plus à briser des plafonds de verre — car le bâtiment lui-même est à reconstruire — mais à dessiner les plans d’une demeure commune où la dignité n’est plus un luxe, mais le fondement de toute existence.
En route vers 2026. Avec lucidité. Avec force. Avec BOBEA.