La négociation salariale reste, pour beaucoup de femmes, le dernier obstacle avant l’égalité professionnelle. L’anxiété de demander plus, la peur du refus, et le fameux écart salarial s’additionnent. Pourtant, selon Sofia K., coach de négociation internationale et auteure de Ask for More, l’échec vient rarement de l’offre initiale, mais de la manière dont la demande est formulée.
Après avoir analysé des centaines d’entretiens de cadres féminins, Sofia K. a identifié une structure de phrase qui démultiplie le taux de succès et permet d’atteindre, en moyenne, une augmentation de 15% ou plus.
Le Problème de la “Justification” Féminine :
“L’erreur classique,” explique Sofia K., “est de justifier sa demande avec des raisons personnelles : ‘J’ai plus de responsabilités à la maison’, ‘L’inflation est trop forte’. Cela place la demande dans le registre de l’émotion et du besoin, non de la valeur marchande.” L’autre piège est la formule timide : “J’aimerais une petite augmentation, si possible…”

La Phrase Magique de la Valeur Ajoutée :
La formule gagnante proposée par Sofia K. est la suivante. Elle doit être prononcée avec assurance, après avoir présenté un bilan de vos succès :
“Compte tenu de l’impact direct que j’ai eu sur [mentionner 2 résultats quantifiables précis], j’ai mené une analyse du marché pour un rôle de ce niveau, et je suis confiante que ma valeur actuelle se situe à [montant précis, toujours supérieur de 10–15% à ce que vous espérez réellement].”
L’Analyse des Trois Composantes Clés :
- L’Impact Quantifiable (“l’impact direct que j’ai eu sur…”) : C’est la base factuelle. Ne parlez pas de tâches ; parlez de résultats. Exemple : “Augmentation des ventes de 20%”, “Réduction des coûts de 15 000 €”. Vous déplacez la discussion du “temps passé” à la “valeur créée”.
- L’Analyse du Marché (“j’ai mené une analyse du marché…”) : Cette mention retire l’émotion et insère une donnée externe, objective et neutre. Elle montre que vous avez fait vos devoirs. Vous ne demandez pas un cadeau ; vous exigez un alignement.
- La Confiance Ferme (“je suis confiante que ma valeur actuelle…”) : Le langage est dénué de doute ou d’excuse. Vous n’espérez pas, vous êtes confiante. En énonçant un chiffre précis et élevé, vous vous positionnez comme une professionnelle qui connaît sa valeur et est prête à la défendre.
Cette méthode oblige l’employeur à négocier à partir de votre chiffre élevé et des faits. C’est le nouveau power play de la négociation pour la femme BOBEA : entrer dans la discussion avec des données, et non des émotions.