Une nouvelle étude publiée ce 30 octobre 2025 par l’Observatoire des Inégalités, en collaboration avec la Fondation Nicolas Hulot, jette une lumière crue sur la situation des femmes seniors en France. Le rapport révèle que les femmes perçoivent des pensions de retraite en moyenne 62% inférieures à celles des hommes. Ce chiffre, stable et persistant, est qualifié d’ “alerte sociale majeure” et expose la “double peine” subie par les femmes tout au long de leur carrière.
Ce décalage abyssal de 62% ne s’explique pas uniquement par les salaires plus faibles (qui sont déjà 20% en dessous de ceux des hommes), mais par un cumul de facteurs structurels. L’étude montre que les femmes sont largement majoritaires dans les emplois à temps partiel subis, qu’elles ont des carrières plus hachées en raison de l’éducation des enfants (absence de trimestres, faibles cotisations) et qu’elles sont sur-représentées dans les secteurs les moins bien rémunérés (services, nettoyage, santé). La retraite devient ainsi le point de cristallisation de toutes les inégalités professionnelles accumulées.
Le rapport de la Fondation Nicolas Hulot ajoute une dimension inédite à cette analyse : le lien entre inégalité économique et vulnérabilité climatique. Intitulé L’Injustice du Crépuscule, il souligne que les femmes retraitées à faibles revenus sont les plus touchées par la précarité énergétique et les conséquences des vagues de chaleur, souvent confinées dans des logements mal isolés. La lutte pour des pensions équitables devient donc indissociable de la justice climatique.
Face à ces chiffres, les syndicats, menés par la Secrétaire Générale de la CFDT, Marylise Léon, ont appelé à une réforme immédiate et “ciblée” du système de retraite. Les propositions incluent la validation automatique de trimestres pour les femmes à temps partiel ayant eu des enfants, et un mécanisme de solidarité plus robuste pour compenser les faibles revenus. L’objectif est de garantir à chaque femme une retraite qui lui permette de vivre dignement, sans dépendre d’un conjoint ou basculer dans la pauvreté.

Le gouvernement, interpellé par l’opposition, a promis l’ouverture de concertations début novembre. Cependant, l’urgence est criante. Des associations d’aide aux seniors ont rapporté une augmentation des demandes d’aide alimentaire et de logement de la part de femmes seules et âgées. Ce 30 octobre, l’alerte sur la précarité des “mamies” est un appel direct à repenser la valeur accordée au travail et à la vie familiale des femmes, non seulement au présent, mais pour garantir leur dignité future. Le combat pour la retraite n’est pas terminé, et il est clairement féministe.