Marie Gouze, connue sous le nom d’Olympe de Gouges, est une figure incontournable de l’histoire féminine et politique française, souvent reconnue comme l’une des pionnières du féminisme moderne. Née en 1748 à Montauban, elle s’impose durant la Révolution française comme une voix libre, engagée en faveur des droits civils, politiques et sociaux des femmes bien avant que leur cause ne soit largement portée à l’échelle internationale.
Une vie marquée par l’indépendance et le combat intellectuel
Veuve jeune, Marie choisit de s’émanciper des contraintes sociales de son époque en quittant sa province pour Paris en 1766. Là, sous le pseudonyme d’Olympe de Gouges, elle embrasse une carrière littéraire et politique, défiant les conventions et affirmant ouvertement son indépendance. Elle refuse le mariage pour conserver sa liberté, fait rare et audacieux pour une femme du XVIIIe siècle.
Son parcours est celui d’une intellectuelle passionnée, active dans les salons et cercles des Lumières, où elle côtoie des penseurs engagés. Elle s’intéresse profondément aux idées nouvelles sur la liberté, l’égalité, la justice sociale, et met sa plume au service des combats pour l’abolition de l’esclavage et l’émancipation des femmes.
La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne : un manifeste d’avant-garde
En 1791, alors que la Révolution française s’empare des enjeux démocratiques, Olympe de Gouges rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, en réponse à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui ignore largement la question du genre. Dans ce texte fondamental, elle affirme que « la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits ». Elle y réclame l’égalité politique, le droit de vote, la participation aux décisions publiques, la liberté d’expression, et une justice respectueuse des deux sexes.
Cette déclaration est un acte audacieux et précurseur qui remet en cause la domination masculine et le patriarcat. Par ses mots, Olympe appelle à une révolution non seulement politique mais aussi sociale et culturelle, insistante sur le fait que les femmes ont leur place à la Tribune comme sur l’échafaud.
Une œuvre militante et théâtrale engagée
En complément de ses écrits politiques, Olympe de Gouges signe des pièces de théâtre et des pamphlets qui traitent des libertés individuelles, du droit au divorce, de la condition des enfants, et dénoncent l’esclavage. Sa pièce Zamore et Mirza ou l’esclavage des Noirs (1784) est l’une des premières en France à contester ce système inhumain.
Son théâtre est un vecteur fort de sensibilisation, mêlant fiction et réalité pour interpeller le public et les pouvoirs. Même ses positions sur le divorce ou la liberté sexuelle sont restées longtemps révolutionnaires dans une époque où la femme était sous tutelle masculine.

Une fin tragique pour une courageuse pionnière
Refusant de se taire face aux injustices, Olympe de Gouges critique vivement la politique radicale des Montagnards et notamment Robespierre, ce qui lui vaut d’être arrêtée en 1793. Jugée pour ses idées, elle est condamnée à mort et guillotinée la même année, devenant ainsi une martyre de la défense des droits humains et des femmes.
Un héritage féministe et révolutionnaire majeur
Aujourd’hui, Olympe de Gouges est reconnue comme une précurseure essentielle du féminisme. Son combat éclaire les luttes contemporaines pour l’égalité des sexes et inspire les mouvements féminins à travers le monde. Son engagement pour les droits civils, la justice sociale et contre l’esclavage la place parmi les grandes figures des Lumières.
Son œuvre est étudiée dans les écoles et célébrée lors de journées dédiées, rappelant que l’égalité reste un combat vivant et que ses idées avant-gardistes restent d’une brûlante actualité.