RDC, le retour des combats avec le M23 – Comment les femmes vivent la peur au quotidien

Intro­duc­tion
En République Démoc­ra­tique du Con­go, le bruit des armes s’est à nou­veau imposé dans l’Est du pays. Trois semaines à peine après un accord annon­cé comme por­teur d’espoir, les com­bats entre l’ar­mée con­go­laise et les rebelles du M23 repren­nent. Pour les habi­tants, notam­ment les femmes, c’est un retour bru­tal à une vie mar­quée par la peur, l’incertitude et le besoin con­stant de survie. Der­rière les bilans mil­i­taires et diplo­ma­tiques, ce sont des mil­liers de mères, filles et sœurs qui ten­tent de préserv­er leur dig­nité dans un con­texte où la paix n’est qu’un souf­fle frag­ile.

La reprise des hos­til­ités : un cli­mat d’angoisse per­ma­nent

Les affron­te­ments sig­nalés dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri rap­pel­lent aux habi­tants les années noires, celles où vil­lages, écoles et hôpi­taux n’étaient jamais à l’abri. Pour les femmes, ce cli­mat d’insécurité est un dou­ble fardeau : elles doivent à la fois pro­téger leurs enfants et se pro­téger elles-mêmes des vio­lences, sou­vent exac­er­bées par la guerre.

“On dort avec la peur, on se réveille avec la peur” témoigne Aline, 34 ans, déplacée depuis deux semaines.

Selon les ONG présentes sur le ter­rain, plus de 45 000 per­son­nes auraient fui leurs foy­ers depuis la reprise des com­bats, dont 70% sont des femmes et des mineurs.

Femmes face à la guerre : entre résilience et trau­ma­tisme

Dans cette zone insta­ble, les femmes sont sou­vent les pre­mières à pren­dre la déci­sion de fuir. Elles por­tent leurs enfants sur le dos, marchent des kilo­mètres, et impro­visent des campe­ments de for­tune. Mais au-delà de la fatigue physique, il y a la blessure morale. Per­dre sa mai­son, ses repères, son intim­ité : pour beau­coup, c’est une guerre qui se vit aus­si à l’intérieur. Cer­taines racon­tent la peur con­stante des vio­lences sex­uelles, sou­vent util­isées comme arme de guerre par les groupes armés.

Les voix féminines pour la paix

Mal­gré le chaos, cer­taines femmes s’érigent en actri­ces de paix. Asso­ci­a­tions locales, lead­ers com­mu­nau­taires, jour­nal­istes, elles se mobilisent pour doc­u­menter les exac­tions et plaider pour un retour à la table des négo­ci­a­tions.
Ces voix féminines, bien qu’encore trop peu écoutées, sont essen­tielles. Elles por­tent non seule­ment les besoins human­i­taires urgents mais aus­si des solu­tions con­crètes pour la réc­on­cil­i­a­tion.

L’ombre de l’accord man­qué

L’optimisme sus­cité par l’accord signé il y a trois semaines a lais­sé place à la désil­lu­sion. Pour beau­coup, cet échec mon­tre que la paix ne peut être que mil­i­taire ou poli­tique : elle doit aus­si être sociale et inclu­sive. Sans une prise en compte réelle de la sécu­rité des femmes et de leur rôle dans la recon­struc­tion, les cessez-le-feu res­teront éphémères.

Ce que demande la société civile

Les appels se mul­ti­plient pour :

  • Ren­forcer la pro­tec­tion des civils, en par­ti­c­uli­er des femmes et des enfants
  • Assur­er un accès human­i­taire sécurisé aux zones enclavées
  • Impli­quer les femmes dans les négo­ci­a­tions de paix
  • Sanc­tion­ner les auteurs de vio­lences sex­uelles

Ces mesures, selon les asso­ci­a­tions locales, seraient des pas décisifs vers une paix plus pro­fonde et durable.

Con­clu­sion
Dans les collines et les vil­lages de l’Est con­go­lais, les femmes con­tin­u­ent de marcher, de nour­rir, d’aimer, mal­gré la peur. Cha­cune porte en elle cet espoir têtu qu’un jour, les armes se tairont défini­tive­ment. Et peut-être qu’en écoutant enfin leur voix, le pays trou­vera le chemin de la réc­on­cil­i­a­tion.

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