Introduction
L’égalité salariale entre femmes et hommes est un combat de longue haleine, au cœur des politiques publiques et des débats sociétaux depuis plusieurs décennies. En 2025, où en est réellement la France ? Les écarts de rémunération se sont-ils réduits ? Quelles sont les avancées concrètes, les freins persistants et les perspectives d’avenir ? BOBEA fait le point sur la situation, les chiffres clés, les témoignages et les solutions pour un monde du travail plus équitable.
État des lieux : des chiffres qui progressent, mais…
Selon les dernières données de l’INSEE, l’écart de salaire moyen entre les femmes et les hommes en France est passé de 15,5 % en 2020 à 12,3 % en 2025, tous secteurs confondus. Un progrès indéniable, mais qui cache des disparités selon les métiers, les niveaux de responsabilité et les secteurs d’activité.
Dans la fonction publique, l’écart est réduit à 7 %, tandis que dans le privé, il atteint encore 14 %. Les femmes cadres restent particulièrement touchées, avec un plafond de verre qui freine leur accès aux plus hautes rémunérations.
Les causes persistantes des inégalités
Plusieurs facteurs expliquent la persistance des écarts :
- La ségrégation professionnelle : Les femmes sont surreprésentées dans les métiers moins rémunérés (santé, social, éducation) et sous-représentées dans les secteurs les plus lucratifs (tech, finance, industrie).
- Le temps partiel subi : 28 % des femmes travaillent à temps partiel contre seulement 8 % des hommes, souvent pour des raisons familiales.
- La maternité et la parentalité : Les interruptions de carrière liées à la maternité ou à la garde des enfants pèsent sur l’évolution salariale des femmes.
- Les stéréotypes et discriminations : Malgré les lois, les biais inconscients persistent lors des embauches, des promotions et des négociations salariales.
Les avancées législatives et les outils de contrôle
Depuis la loi sur l’égalité professionnelle de 2019, de nouvelles obligations ont été imposées aux entreprises : publication d’un index de l’égalité, sanctions financières en cas de non-respect, audits réguliers… Ces mesures ont permis une prise de conscience et une amélioration des pratiques dans de nombreux groupes.

Certaines entreprises pionnières, comme L’Oréal ou BNP Paribas, affichent désormais un écart inférieur à 5 % et communiquent largement sur leurs actions : mentorat, coaching, transparence salariale, quotas dans les instances dirigeantes.
Témoignages : la réalité sur le terrain
- Claire, 38 ans, ingénieure informatique : « J’ai découvert que mon collègue, à poste égal, gagnait 15 % de plus que moi. J’ai osé en parler à mon manager, et grâce à l’index égalité, j’ai obtenu une revalorisation. »
- Fatou, 45 ans, aide-soignante : « On parle beaucoup d’égalité, mais dans les métiers du soin, les salaires restent très bas, même si on est majoritairement des femmes. »
- Julie, DRH dans une grande entreprise : « Les mentalités changent, mais il faut encore accompagner les managers pour lutter contre les stéréotypes. »
Les nouveaux leviers pour accélérer l’égalité
- La transparence salariale : De plus en plus d’entreprises publient les grilles de salaires et encouragent la négociation.
- Le mentorat et le networking : Les réseaux féminins aident à briser l’isolement et à accéder à des postes à responsabilité.
- L’éducation et la sensibilisation : Dès l’école, il est essentiel de lutter contre les stéréotypes et d’encourager les filles à s’orienter vers tous les secteurs.
- La parentalité partagée : Le congé paternité allongé et les dispositifs de garde favorisent un meilleur équilibre des rôles.
Perspectives : vers une égalité réelle ?
Si les progrès sont réels, l’égalité salariale totale n’est pas encore atteinte. Les experts estiment qu’au rythme actuel, il faudra encore une dizaine d’années pour combler totalement l’écart. L’enjeu est désormais de passer d’une égalité de principe à une égalité de fait, dans toutes les entreprises et à tous les niveaux.
Conclusion
En 2025, la France a franchi des étapes importantes vers l’égalité salariale, mais le chemin reste semé d’embûches. La mobilisation des pouvoirs publics, des entreprises et de la société civile reste indispensable pour garantir à toutes les femmes une rémunération juste et équitable. L’égalité salariale n’est pas seulement une question de justice, c’est aussi un levier de performance et d’innovation pour toute la société.