Les droits des femmes en Amérique latine, état des lieux en 2025

Intro­duc­tion : Un con­ti­nent en pleine effer­ves­cence

En 2025, l’Amérique latine se trou­ve à la croisée des chemins. Sur ce con­ti­nent aux mille con­trastes, les droits des femmes avan­cent, par­fois à pas de géant, par­fois à pas comp­tés, mais jamais sans bruit. Les mou­ve­ments fémin­istes, plus puis­sants que jamais, sec­ouent les sociétés, inter­pel­lent les gou­verne­ments et inspirent le monde entier. Pour­tant, les iné­gal­ités per­sis­tent, et chaque vic­toire est chère­ment acquise. Où en est la con­di­tion fémi­nine en Amérique latine aujourd’hui ? Quels sont les grands défis, les avancées et les espoirs pour demain ? BOBEA vous pro­pose un tour d’horizon sans tabou.

I. Les vic­toires récentes : des lois qui changent la vie

L’une des grandes avancées de ces dernières années con­cerne le droit à l’avortement. L’Argentine a ouvert la voie en légal­isant l’IVG en 2020, suiv­ie par la Colom­bie en 2022 et le Mex­ique en 2023. Ces déci­sions his­toriques ont été arrachées de haute lutte par des généra­tions de mil­i­tantes, descen­dues dans la rue, vêtues de foulards verts, sym­bole de leur com­bat pour dis­pos­er de leur corps.

Mais la con­quête des droits ne s’arrête pas là. Au Chili, la nou­velle Con­sti­tu­tion, adop­tée en 2024, con­sacre la par­ité dans les insti­tu­tions publiques et garan­tit des droits fon­da­men­taux aux femmes, notam­ment en matière de san­té, d’éducation et de lutte con­tre les vio­lences. Au Brésil, mal­gré un con­texte poli­tique ten­du, les asso­ci­a­tions de femmes indigènes ont obtenu la recon­nais­sance de leurs droits fonciers, une pre­mière dans l’histoire du pays.

II. Les défis per­sis­tants : vio­lences, iné­gal­ités et con­ser­vatismes

Mal­gré ces pro­grès, la sit­u­a­tion reste préoc­cu­pante. L’Amérique latine demeure la région du monde la plus dan­gereuse pour les femmes après l’Afrique sub­sa­hari­enne. Le fléau des fémini­cides – meurtres de femmes parce qu’elles sont femmes – con­tin­ue de faire rage, notam­ment au Mex­ique, au Hon­duras, au Sal­vador et en Argen­tine. Les chiffres don­nent le ver­tige : en 2024, on estime qu’une femme est tuée toutes les deux heures sur le con­ti­nent.

Les vio­lences con­ju­gales, le har­cèle­ment de rue et la pré­car­ité économique frap­pent par­ti­c­ulière­ment les femmes issues des milieux pop­u­laires, des com­mu­nautés indigènes ou des zones rurales. Les écarts de salaire restent impor­tants, et l’accès à l’éducation supérieure ou à des postes à respon­s­abil­ité demeure lim­ité, surtout dans les secteurs poli­tiques et économiques.

Face à ces défis, les mou­ve­ments con­ser­va­teurs, sou­vent soutenus par des groupes religieux, ten­tent de frein­er les avancées. Les débats sur l’avortement, l’éducation sex­uelle ou les droits LGBTQ+ restent explosifs, et les mil­i­tantes sont régulière­ment la cible de men­aces et d’intimidations.

III. Une jeunesse mobil­isée et créa­tive

Ce qui frappe en Amérique latine, c’est la vital­ité de la jeunesse fémin­iste. Les man­i­fes­ta­tions du 8 mars, la Journée inter­na­tionale des droits des femmes, rassem­blent chaque année des foules impres­sion­nantes à Buenos Aires, Mex­i­co, San­ti­a­go ou Bogo­ta. Les slo­gans, les chan­sons, les per­for­mances artis­tiques témoignent d’une créa­tiv­ité sans lim­ite.

Les réseaux soci­aux jouent un rôle clé dans la dif­fu­sion des mes­sages, la mobil­i­sa­tion et la sol­i­dar­ité. Des hash­tags comme #NiU­na­Menos (« Pas une de moins ») ou #Vivas­Nos­Quer­e­mos (« Nous nous voulons vivantes ») sont devenus des cri de ral­liement, repris dans toute la région et bien au-delà.

Les jeunes femmes n’hésitent plus à dénon­cer les vio­lences, à bris­er les tabous et à exiger des comptes. Elles investis­sent aus­si les sphères du pou­voir, avec une généra­tion de députées, maires, jour­nal­istes et entre­pre­neuses qui bous­cu­lent les codes.

IV. Les enjeux de demain : inter­sec­tion­nal­ité et inclu­sion

La lutte pour les droits des femmes en Amérique latine ne peut se penser sans l’inclusion des minorités : femmes indigènes, afro-descen­dantes, LGBTQ+, migrantes. Les mou­ve­ments fémin­istes ont com­pris l’importance de l’intersectionnalité, c’est-à-dire la prise en compte des dif­férentes formes de dis­crim­i­na­tions qui se croisent et se ren­for­cent.

Des fig­ures emblé­ma­tiques, comme la Brésili­enne Djami­la Ribeiro ou la Mex­i­caine Yal­itza Apari­cio, incar­nent cette nou­velle vague inclu­sive et décom­plexée. Elles rap­pel­lent que la cause des femmes est celle de toutes les femmes, sans dis­tinc­tion d’origine, de couleur ou d’orientation.

V. L’espoir d’un avenir plus juste

Mal­gré les obsta­cles, l’Amérique latine est un lab­o­ra­toire d’espoir. Les avancées, même frag­iles, mon­trent qu’aucune fatal­ité n’est irréversible. Les femmes du con­ti­nent sont debout, fières, sol­idaires. Elles inven­tent de nou­velles formes de résis­tance, de soror­ité et de pou­voir. Elles rap­pel­lent au monde que les droits des femmes ne sont jamais acquis, qu’ils se con­quièrent chaque jour, ensem­ble.

Chez BOBEA, nous salu­ons le courage, la créa­tiv­ité et la force des femmes d’Amérique latine. Leur com­bat est aus­si le nôtre.

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