Dossier spécial — BOBEA POINT DU JOUR : Vivre l’excision, une culture en question

  1. Intro­duc­tion

L’ex­ci­sion, égale­ment con­nue sous le nom de muti­la­tion géni­tale fémi­nine (MGF), demeure en 2025 l’un des défis les plus pres­sants en matière de droits humains et de san­té publique. Cette pra­tique ances­trale, qui con­siste en l’ab­la­tion par­tielle ou totale des organes géni­taux externes féminins pour des raisons non médi­cales, touche encore des mil­lions de femmes et de filles à tra­vers le monde.

Mal­gré les efforts con­certés de la com­mu­nauté inter­na­tionale, des gou­verne­ments et des organ­i­sa­tions de la société civile, l’ex­ci­sion per­siste dans de nom­breuses régions, prin­ci­pale­ment en Afrique, au Moyen-Ori­ent et dans cer­taines par­ties de l’Asie. Selon les dernières esti­ma­tions de l’OMS, env­i­ron 200 mil­lions de femmes et de filles vivantes aujour­d’hui ont subi une forme de MGF.

En 2025, les enjeux autour de l’ex­ci­sion se sont com­plex­i­fiés. Si des pro­grès sig­ni­fi­cat­ifs ont été réal­isés dans cer­tains pays, de nou­veaux défis émer­gent, tels que la médi­cal­i­sa­tion de la pra­tique et son déplace­ment vers des zones urbaines. Ce dossier spé­cial vise à explor­er en pro­fondeur les mul­ti­ples facettes de cette prob­lé­ma­tique, de ses racines cul­turelles à ses impli­ca­tions san­i­taires, en pas­sant par les straté­gies mis­es en œuvre pour y met­tre fin.

II. Con­texte his­torique et cul­turel

L’excision est une pra­tique dont les orig­ines remon­tent à l’An­tiq­ui­té. Des traces de cette cou­tume ont été retrou­vées dans des momies égyp­ti­ennes datant de plus de 2000 ans avant J.-C. Cepen­dant, son orig­ine exacte reste incer­taine et fait l’ob­jet de débats par­mi les his­to­riens et les anthro­po­logues.

Con­traire­ment à une idée reçue, l’ex­ci­sion n’est pas liée à une reli­gion spé­ci­fique. Elle est pra­tiquée par des com­mu­nautés de divers­es con­fes­sions, y com­pris musul­manes, chré­ti­ennes et ani­mistes. Sa répar­ti­tion géo­graphique actuelle est prin­ci­pale­ment con­cen­trée dans 30 pays d’Afrique, ain­si que dans cer­taines régions du Moyen-Ori­ent et de l’Asie. Des cas sont égale­ment recen­sés dans des com­mu­nautés immi­grées en Europe, en Amérique du Nord et en Aus­tralie.

Les moti­va­tions der­rière l’ex­ci­sion sont com­plex­es et vari­ent selon les cul­tures. Par­mi les raisons fréquem­ment invo­quées, on trou­ve :

  1. Le con­trôle de la sex­u­al­ité fémi­nine : Dans cer­taines sociétés, l’ex­ci­sion est perçue comme un moyen de préserv­er la vir­ginité avant le mariage et de garan­tir la fidél­ité con­ju­gale.
  2. L’ini­ti­a­tion à l’âge adulte : L’ex­ci­sion est sou­vent con­sid­érée comme un rite de pas­sage mar­quant la tran­si­tion de la fille vers le statut de femme.
  3. La notion de pureté : Cer­taines com­mu­nautés con­sid­èrent les organes géni­taux féminins comme impurs ou laids, et leur abla­tion comme une forme de purifi­ca­tion.
  4. La pres­sion sociale : Dans les sociétés où l’ex­ci­sion est la norme, ne pas être excisée peut entraîn­er la stig­ma­ti­sa­tion et l’ex­clu­sion sociale.
  5. Les croy­ances sur la fer­til­ité : Cer­tains groupes croient, à tort, que l’ex­ci­sion aug­mente la fer­til­ité ou facilite l’ac­couche­ment.

Il est impor­tant de not­er que ces jus­ti­fi­ca­tions cul­turelles sont pro­fondé­ment ancrées et sou­vent per­pé­tuées par les femmes elles-mêmes, qui voient dans cette pra­tique un moyen de pro­téger leurs filles et de leur assur­er une place dans la société.

Dr. Ami­na Farah, anthro­po­logue spé­cial­isée dans les pra­tiques cul­turelles africaines, explique : “L’ex­ci­sion est un phénomène com­plexe qui ne peut être réduit à une sim­ple ‘tra­di­tion bar­bare’. Pour beau­coup de com­mu­nautés, elle fait par­tie inté­grante de leur iden­tité cul­turelle. Com­pren­dre ces moti­va­tions pro­fondes est essen­tiel pour éla­bor­er des straté­gies effi­caces visant à met­tre fin à cette pra­tique.”

En 2025, bien que la pra­tique soit en recul dans de nom­breuses régions grâce aux efforts de sen­si­bil­i­sa­tion et aux change­ments lég­is­lat­ifs, elle per­siste dans cer­taines com­mu­nautés, par­fois sous des formes mod­i­fiées ou clan­des­tines. Cette per­sis­tance souligne la néces­sité d’une approche nuancée et cul­turelle­ment sen­si­ble dans la lutte con­tre l’ex­ci­sion.

III. Les dif­férents types d’ex­ci­sion

L’Or­gan­i­sa­tion Mon­di­ale de la San­té (OMS) a établi une clas­si­fi­ca­tion des muti­la­tions géni­tales féminines en qua­tre types prin­ci­paux :

Type I : Abla­tion par­tielle ou totale du cli­toris et/ou du prépuce (cli­toridec­tomie).

Type II : Abla­tion par­tielle ou totale du cli­toris et des petites lèvres, avec ou sans exci­sion des grandes lèvres (exci­sion).

Type III : Rétré­cisse­ment de l’ori­fice vagi­nal avec recou­vre­ment par l’ab­la­tion et l’ac­cole­ment des petites lèvres et/ou des grandes lèvres, avec ou sans exci­sion du cli­toris (infibu­la­tion).

Type IV : Toutes les autres inter­ven­tions nocives pra­tiquées sur les organes géni­taux féminins à des fins non thérapeu­tiques, comme la ponc­tion, le perce­ment, l’in­ci­sion, la scar­i­fi­ca­tion et la cautéri­sa­tion.

La pré­va­lence de chaque type varie selon les régions et les com­mu­nautés. Le type III, con­sid­éré comme le plus sévère, est prin­ci­pale­ment pra­tiqué dans cer­taines régions d’Afrique de l’Est.

IV. Con­séquences sur la san­té

Les muti­la­tions géni­tales féminines ont des con­séquences graves et durables sur la san­té des femmes et des filles.

Com­pli­ca­tions immé­di­ates :

  • Douleurs intens­es
  • Hémor­ra­gies pou­vant être fatales
  • Infec­tions, y com­pris le tétanos et la sep­ticémie
  • Réten­tion uri­naire
  • Lésions des tis­sus adja­cents

Effets à long terme :

  • Infec­tions uri­naires récur­rentes
  • Kystes et abcès
  • Prob­lèmes men­stru­els
  • Com­pli­ca­tions lors de l’ac­couche­ment, aug­men­tant les risques de mor­tal­ité mater­nelle et néona­tale
  • Stéril­ité
  • Douleurs chroniques
  • Dif­fi­cultés lors des rap­ports sex­uels

Impact psy­chologique :

  • Trau­ma­tisme post-trau­ma­tique
  • Dépres­sion
  • Anx­iété
  • Perte de con­fi­ance en soi

Une étude menée au CHU de Oua­gadougou a mon­tré que les femmes excisées ont un risque 9 fois plus élevé d’avoir une expul­sion pro­longée (plus de 30 min­utes) lors de l’ac­couche­ment par rap­port aux femmes non excisées. De plus, les déchirures périnéales sont presque deux fois plus fréquentes chez les femmes excisées3.

La souf­france néona­tale est égale­ment plus élevée chez les nou­veau-nés de mères excisées, avec un risque relatif de 5,183. Ces don­nées soulig­nent l’im­pact sig­ni­fi­catif de l’ex­ci­sion sur la san­té mater­nelle et fœtale.

V. Cadre juridique et lég­is­latif

La lutte con­tre l’ex­ci­sion s’est con­sid­érable­ment ren­for­cée sur le plan juridique au cours des dernières décen­nies. En 2025, la plu­part des pays où l’ex­ci­sion est pra­tiquée ont adop­té des lois l’in­ter­dis­ant.

Lois inter­na­tionales

Au niveau inter­na­tion­al, plusieurs con­ven­tions et traités con­damnent l’ex­ci­sion :

  • La Con­ven­tion sur l’élim­i­na­tion de toutes les formes de dis­crim­i­na­tion à l’é­gard des femmes (CEDAW)
  • La Con­ven­tion rel­a­tive aux droits de l’en­fant
  • La Charte africaine des droits de l’homme et des peu­ples

L’Assem­blée générale des Nations Unies a adop­té en 2012 une réso­lu­tion appelant à l’in­ter­dic­tion mon­di­ale des muti­la­tions géni­tales féminines.

Évo­lu­tion des lég­is­la­tions nationales

En Afrique, 28 pays ont désor­mais des lois spé­ci­fiques con­tre l’ex­ci­sion. Le Soudan, qui présen­tait l’un des taux les plus élevés de MGF, a crim­i­nal­isé la pra­tique en 2020, mar­quant un tour­nant his­torique.

En Europe et en Amérique du Nord, la pra­tique est inter­dite, y com­pris pour les ressor­tis­sants qui feraient excis­er leurs filles à l’é­tranger.

Défis dans l’ap­pli­ca­tion des lois

Mal­gré ces avancées lég­isla­tives, l’ap­pli­ca­tion des lois reste un défi majeur. Les obsta­cles inclu­ent :

  • La per­sis­tance de la pra­tique dans la clan­des­tinité
  • Le manque de ressources pour faire appli­quer les lois
  • La réti­cence des com­mu­nautés à dénon­cer les cas
  • La dif­fi­culté de pour­suiv­re les cas trans­frontal­iers

Maître Fatou Ben­sou­da, anci­enne pro­cureure de la Cour pénale inter­na­tionale, souligne : “Ces avancées lég­isla­tives sont cru­ciales, mais elles doivent s’ac­com­pa­g­n­er d’une appli­ca­tion rigoureuse de la loi et d’un change­ment des men­tal­ités au niveau com­mu­nau­taire.”

VI. Straté­gies de lutte con­tre l’ex­ci­sion

La lutte con­tre l’ex­ci­sion néces­site une approche mul­ti­di­men­sion­nelle, com­bi­nant édu­ca­tion, sen­si­bil­i­sa­tion et alter­na­tives économiques.

Pro­grammes d’é­d­u­ca­tion et de sen­si­bil­i­sa­tion

Les cam­pagnes d’é­d­u­ca­tion visent à informer sur les dan­gers de l’ex­ci­sion et à décon­stru­ire les mythes qui l’en­tourent. Ces pro­grammes ciblent divers groupes :

  • Les écoles : inté­gra­tion de mod­ules sur les MGF dans les pro­grammes sco­laires
  • Les com­mu­nautés : ses­sions de sen­si­bil­i­sa­tion dans les vil­lages
  • Les pro­fes­sion­nels de san­té : for­ma­tion sur la prise en charge des com­pli­ca­tions

L’UNICEF rap­porte que ces pro­grammes ont con­tribué à une baisse de 30% de la pré­va­lence de l’ex­ci­sion chez les filles de moins de 15 ans dans les pays à haut risque entre 2020 et 2025.

Impli­ca­tion des lead­ers com­mu­nau­taires et religieux

L’en­gage­ment des chefs tra­di­tion­nels et religieux est cru­cial pour chang­er les men­tal­ités. De nom­breux imams et prêtres s’élèvent désor­mais con­tre cette pra­tique, démon­trant qu’elle n’a pas de fonde­ment religieux.

Au Séné­gal, l’ini­tia­tive “Tostan” a per­mis à plus de 8000 com­mu­nautés de renon­cer publique­ment à l’ex­ci­sion grâce à l’im­pli­ca­tion des lead­ers locaux.

Alter­na­tives économiques pour les exciseuses

Offrir des alter­na­tives économiques aux exciseuses tra­di­tion­nelles est une stratégie clé. Des pro­grammes de recon­ver­sion pro­fes­sion­nelle leur per­me­t­tent d’ac­quérir de nou­velles com­pé­tences dans des domaines comme la cou­ture, l’a­gri­cul­ture ou le petit com­merce.

Au Kenya, le pro­gramme “Umo­ja” a for­mé plus de 300 anci­ennes exciseuses à devenir des agents de san­té com­mu­nau­taire, trans­for­mant ain­si leur rôle au sein de leurs com­mu­nautés.

Rôle des ONG et des organ­i­sa­tions inter­na­tionales

Les ONG jouent un rôle cru­cial dans la lutte con­tre l’ex­ci­sion :

  • Finance­ment de pro­grammes locaux
  • Plaidoy­er auprès des gou­verne­ments
  • Sou­tien aux sur­vivantes

L’ONG “Desert Flower Foun­da­tion”, fondée par la man­nequin Waris Dirie, a ouvert des cen­tres de soins spé­cial­isés dans plusieurs pays africains, offrant des chirur­gies répara­tri­ces et un sou­tien psy­chologique aux femmes excisées.

Les organ­i­sa­tions inter­na­tionales comme l’OMS, l’U­NICEF et le FNUAP coor­don­nent les efforts mon­di­aux à tra­vers le Pro­gramme con­joint sur les muti­la­tions géni­tales féminines/excision.

Ces straté­gies mul­ti­ples et com­plé­men­taires com­men­cent à porter leurs fruits, mais la route vers l’érad­i­ca­tion totale de l’ex­ci­sion reste longue. La clé du suc­cès réside dans une approche holis­tique, respectueuse des cul­tures locales tout en pro­mou­vant les droits humains fon­da­men­taux.

VII. Le phénomène de médi­cal­i­sa­tion

La médi­cal­i­sa­tion de l’ex­ci­sion, où des pro­fes­sion­nels de san­té pra­tiquent l’acte dans des con­di­tions sup­posé­ment plus sûres, est un phénomène préoc­cu­pant qui a émergé ces dernières années. Cette ten­dance soulève de sérieux débats éthiques au sein de la com­mu­nauté médi­cale et des organ­i­sa­tions de lutte con­tre l’ex­ci­sion.

Déf­i­ni­tion et ampleur :

  • La médi­cal­i­sa­tion implique la pra­tique de l’ex­ci­sion par des pro­fes­sion­nels de san­té for­més, sou­vent dans des étab­lisse­ments médi­caux.
  • Selon les dernières esti­ma­tions, env­i­ron 25% des cas d’ex­ci­sion sont désor­mais pra­tiqués par des pro­fes­sion­nels de san­té dans cer­tains pays.

Débats éthiques :

  • Les par­ti­sans arguent que cela réduit les risques immé­di­ats pour la san­té des filles.
  • Les opposants soulig­nent que cela légitime une pra­tique néfaste et vio­le l’éthique médi­cale.

Posi­tions des organ­i­sa­tions de san­té :

  • L’OMS con­damne fer­me­ment la médi­cal­i­sa­tion de l’ex­ci­sion, la con­sid­érant comme une vio­la­tion des droits humains.
  • De nom­breuses asso­ci­a­tions médi­cales nationales ont pris posi­tion con­tre cette pra­tique, appelant à des sanc­tions pour les pro­fes­sion­nels impliqués.

VIII. Témoignages et his­toires per­son­nelles (500 mots)

Les témoignages de sur­vivantes, de mil­i­tantes et de pro­fes­sion­nels de san­té offrent un éclairage puis­sant sur la réal­ité de l’ex­ci­sion et ses con­séquences.

Réc­it de Fatou, 28 ans, sur­vivante :
“J’avais 7 ans quand ça s’est passé. Je me sou­viens de la douleur, de la peur. Aujour­d’hui encore, je vis avec les séquelles physiques et psy­chologiques. Mais j’ai décidé de par­ler pour que d’autres filles soient épargnées.”

Expéri­ence d’Am­i­na­ta, mil­i­tante anti-exci­sion :
“Chaque jour, nous lut­tons con­tre des croy­ances pro­fondé­ment ancrées. Mais petit à petit, nous voyons des change­ments. Des familles entières renon­cent à la pra­tique. C’est un com­bat de longue haleine, mais nous ne bais­serons pas les bras.”

Témoignage du Dr. Konaté, gyné­co­logue :
“Je vois régulière­ment les con­séquences dévas­ta­tri­ces de l’ex­ci­sion. Des infec­tions graves, des com­pli­ca­tions lors de l’ac­couche­ment. C’est pourquoi j’ai décidé de m’en­gager active­ment dans la sen­si­bil­i­sa­tion au sein de ma com­mu­nauté.”

Ces témoignages illus­trent la com­plex­ité du prob­lème et l’im­por­tance d’une approche mul­ti­di­men­sion­nelle dans la lutte con­tre l’ex­ci­sion.

IX. Inno­va­tions tech­nologiques dans la lutte

La tech­nolo­gie joue un rôle crois­sant dans la lutte con­tre l’ex­ci­sion, offrant de nou­veaux out­ils pour la préven­tion, la sen­si­bil­i­sa­tion et le sou­tien aux sur­vivantes.

Appli­ca­tions mobiles de sig­nale­ment :

  • L’ap­pli­ca­tion “Safe­Girl”, lancée en 2023, per­met aux jeunes filles men­acées d’ex­ci­sion de sig­naler leur sit­u­a­tion et d’obtenir de l’aide rapi­de­ment. En 2025, elle a déjà per­mis de sauver plus de 5000 filles en Afrique de l’Est.
  • “Aler­tEx­ci­sion”, dévelop­pée au Burk­i­na Faso, met en rela­tion les autorités, les tra­vailleurs soci­aux et les com­mu­nautés pour prévenir les cas d’ex­ci­sion.

Plate­formes d’é­d­u­ca­tion en ligne :

  • Des MOOC (Mas­sive Open Online Cours­es) sur les droits des femmes et la san­té repro­duc­tive touchent un pub­lic plus large, y com­pris dans les zones reculées.
  • Des sim­u­la­teurs de réal­ité virtuelle sont util­isés pour for­mer les pro­fes­sion­nels de san­té à la prise en charge des com­pli­ca­tions liées à l’ex­ci­sion.

Util­i­sa­tion des médias soci­aux :

  • Des cam­pagnes virales sur Tik­Tok et Insta­gram, menées par de jeunes influ­enceurs africains, con­tribuent à chang­er les per­cep­tions sur l’ex­ci­sion auprès des nou­velles généra­tions.
  • Des groupes de sou­tien en ligne offrent un espace sûr aux sur­vivantes pour partager leurs expéri­ences et trou­ver de l’aide.

X. Pro­grès et défis per­sis­tants

Mal­gré des avancées sig­ni­fica­tives, la lutte con­tre l’ex­ci­sion fait face à des défis per­sis­tants en 2025.

Sta­tis­tiques récentes :

  • Selon l’U­NICEF, la pré­va­lence de l’ex­ci­sion chez les filles de moins de 15 ans a dimin­ué de 30% dans les pays à haut risque depuis 2020.
  • Cepen­dant, en rai­son de la crois­sance démo­graphique, le nom­bre absolu de filles à risque pour­rait aug­menter si les efforts ne sont pas inten­si­fiés.

Régions où la pra­tique per­siste :

  • Cer­taines zones rurales isolées en Afrique sub­sa­hari­enne restent des bas­tions de résis­tance.
  • Des poches de pra­tique per­sis­tent dans des com­mu­nautés immi­grées en Europe et en Amérique du Nord, mal­gré l’in­ter­dic­tion légale.

Nou­veaux enjeux émer­gents :

  • La médi­cal­i­sa­tion de l’ex­ci­sion pose un défi éthique et com­plique les efforts d’érad­i­ca­tion.
  • Les con­flits et les déplace­ments de pop­u­la­tion dans cer­taines régions d’Afrique ont per­tur­bé les pro­grammes de lutte con­tre l’ex­ci­sion.
  • L’émer­gence de formes “sym­bol­iques” d’ex­ci­sion, moins inva­sives physique­ment mais per­pé­tu­ant la tra­di­tion, soulève de nou­velles ques­tions.

Dr. Ami­na Farah, anthro­po­logue, com­mente : “Nous avons fait des pro­grès remar­quables, mais il ne faut pas baiss­er la garde. Les normes sociales évolu­ent lente­ment, et nous devons con­tin­uer à adapter nos straté­gies aux réal­ités changeantes sur le ter­rain.”

XI. Per­spec­tives d’avenir

L’avenir de la lutte con­tre l’ex­ci­sion s’an­nonce à la fois promet­teur et com­plexe. Les pro­jec­tions pour les prochaines années indiquent :

  • Une accéléra­tion du déclin de la pra­tique dans la plu­part des pays, grâce à l’ef­fet cumu­latif des efforts de sen­si­bil­i­sa­tion et des change­ments lég­is­lat­ifs.
  • Une inté­gra­tion plus poussée de la lutte con­tre l’ex­ci­sion dans les objec­tifs de développe­ment durable, notam­ment ceux liés à l’é­gal­ité des sex­es et à la san­té.
  • Le développe­ment de nou­velles tech­nolo­gies pour la préven­tion et le sou­tien, comme l’in­tel­li­gence arti­fi­cielle pour prédire les zones à risque.

Dr. Nadia Youssef, soci­o­logue à l’U­ni­ver­sité du Caire, prévoit : “D’i­ci 2030, nous pour­rions voir l’érad­i­ca­tion com­plète de l’ex­ci­sion dans plusieurs pays pio­nniers. Cela créera un effet domi­no dans la région.”

Cepen­dant, des défis per­sis­tent, notam­ment dans les zones de con­flit et les com­mu­nautés les plus isolées. L’en­gage­ment con­tinu de la com­mu­nauté inter­na­tionale et des gou­verne­ments locaux sera cru­cial pour attein­dre l’ob­jec­tif d’élim­i­na­tion totale de l’ex­ci­sion.

Con­clu­sion : Le Point du Jour — L’ex­ci­sion en ques­tion

Ce dossier spé­cial “Le Point du Jour” sur l’ex­ci­sion avait pour objec­tif de faire le point sur cette ques­tion brûlante qui touche des mil­lions de femmes dans le monde. Sans porter de juge­ment hâtif, notre ambi­tion était d’ex­am­in­er cette pra­tique sous dif­férents angles, de démêler le vrai du faux, et de ques­tion­ner les idées reçues qui l’en­tourent.

L’ex­ci­sion reste un sujet com­plexe et sen­si­ble, pro­fondé­ment ancré dans cer­taines cul­tures. Nos recherch­es ont révélé que cette pra­tique touche env­i­ron 200 mil­lions de femmes dans le monde, dont 125 000 en France . Mal­gré les efforts déployés, le nom­bre de vic­times pour­rait dou­bler d’i­ci 20502, ce qui souligne l’ur­gence d’a­gir.

Nous avons exploré les orig­ines de cette tra­di­tion, ses jus­ti­fi­ca­tions cul­turelles, et ses con­séquences dévas­ta­tri­ces sur la san­té physique et men­tale des femmes. Il est cru­cial de com­pren­dre que l’ex­ci­sion n’a aucun fonde­ment médi­cal et qu’elle vio­le les droits fon­da­men­taux des femmes et des filles.

Notre enquête a égale­ment mis en lumière les efforts de préven­tion et de prise en charge des vic­times. Des ini­tia­tives comme la chirurgie répara­trice offrent un espoir de recon­struc­tion pour les femmes excisées . Cepen­dant, la lutte con­tre l’ex­ci­sion ne se lim­ite pas à l’aspect médi­cal. Elle néces­site une approche glob­ale, inclu­ant l’é­d­u­ca­tion, la sen­si­bil­i­sa­tion et le change­ment des men­tal­ités.

Le jour­nal BOBEA.net s’ef­force tou­jours de présen­ter des infor­ma­tions équili­brées, sans tomber dans le juge­ment moral. Notre objec­tif est de sus­citer la réflex­ion et le dia­logue sur des sujets de société cru­ci­aux. L’ex­ci­sion est l’un de ces sujets qui méri­tent une atten­tion par­ti­c­ulière et une dis­cus­sion ouverte.

Dans nos prochains dossiers “Le Point du Jour”, nous con­tin­uerons d’abor­der des prob­lé­ma­tiques brûlantes qui con­cer­nent la vie des femmes. Notre mis­sion est d’in­former, de ques­tion­ner et d’en­cour­ager le débat sur des sujets par­fois dif­fi­ciles mais essen­tiels pour l’a­vance­ment de notre société.

L’ex­ci­sion reste un défi majeur pour les droits des femmes et la san­té publique mon­di­ale. En tant que média, notre rôle est de main­tenir ce sujet dans le débat pub­lic, de don­ner la parole aux expertes et aux sur­vivantes, et de suiv­re les pro­grès réal­isés dans la lutte con­tre cette pra­tique.

Nous espérons que ce dossier aura con­tribué à une meilleure com­préhen­sion de cet enjeu com­plexe et encour­agera nos lecteurs à s’en­gager dans cette cause impor­tante.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *