La République d’Haïti se trouve une fois de plus plongée dans une crise politique majeure suite à la démission surprise du Premier ministre Ariel Henry. Cette décision, annoncée le 11 mars 2025, intervient dans un contexte de tensions croissantes et de pression internationale, notamment de la part de Washington.
Ariel Henry, qui dirigeait le pays depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021, faisait face à une contestation grandissante de son autorité. Les gangs armés contrôlent une grande partie de la capitale Port-au-Prince, et la violence endémique a paralysé le pays, aggravant une situation humanitaire déjà catastrophique.
La démission d’Henry ouvre la voie à une période de transition incertaine. Un conseil présidentiel de transition devrait être mis en place, composé de représentants de différents secteurs de la société haïtienne. Cependant, les modalités de sa formation et de son fonctionnement restent floues, suscitant des inquiétudes quant à la stabilité future du pays.
La communauté internationale, en particulier les États-Unis et la CARICOM (Communauté des Caraïbes), joue un rôle crucial dans cette transition. Des discussions sont en cours pour définir les contours d’une force multinationale de sécurité, destinée à aider les autorités haïtiennes à rétablir l’ordre et à créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections libres et équitables.

Cette crise soulève de nombreuses questions sur l’avenir d’Haïti. Comment le pays pourra-t-il sortir du cycle de violence et d’instabilité politique qui le mine depuis des décennies ? Quel rôle la diaspora haïtienne, forte de plusieurs millions de personnes, peut-elle jouer dans la reconstruction du pays ? Et comment la communauté internationale peut-elle apporter une aide efficace sans pour autant s’ingérer dans les affaires intérieures d’un État souverain ?
Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si Haïti peut saisir cette opportunité pour amorcer un véritable changement ou si le pays risque de s’enfoncer davantage dans le chaos. La mobilisation de la société civile haïtienne et le soutien international seront déterminants pour tracer la voie vers un avenir plus stable et prospère pour le peuple haïtien.