COP31 à New Delhi — Les leaders féminins poussent pour des actions climatiques urgentes

La 31e Con­férence des Par­ties (COP31) sur le change­ment cli­ma­tique s’est ouverte hier à New Del­hi, dans un con­texte d’ur­gence cli­ma­tique sans précé­dent. Cette année, les femmes lead­ers se dis­tinguent par leur déter­mi­na­tion à pouss­er pour des actions con­crètes et ambitieuses. Focus sur ces voix féminines qui cherchent à révo­lu­tion­ner la lutte con­tre le réchauf­fe­ment cli­ma­tique.

Dès l’ou­ver­ture de la con­férence, la Pre­mière min­istre indi­enne Priya Patel a don­né le ton avec un dis­cours per­cu­tant : “Nous n’avons plus le luxe du temps. Chaque jour d’i­n­ac­tion con­damne des mil­lions de per­son­nes, en par­ti­c­uli­er les femmes et les enfants des pays en développe­ment.” Cette prise de posi­tion forte reflète une ten­dance crois­sante : les femmes lead­ers pren­nent l’ini­tia­tive dans les négo­ci­a­tions cli­ma­tiques.

Par­mi les fig­ures mar­quantes, Chris­tiana Figueres, anci­enne secré­taire exéc­u­tive de la Con­ven­tion-cadre des Nations unies sur les change­ments cli­ma­tiques (CCNUCC), con­tin­ue de jouer un rôle cru­cial. Elle a lancé un appel pour une “révo­lu­tion verte fémin­iste”, arguant que “les solu­tions cli­ma­tiques doivent inté­gr­er la per­spec­tive de genre pour être vrai­ment effi­caces.”

Cette approche est soutenue par des don­nées con­crètes. Selon un rap­port récent du Pro­gramme des Nations Unies pour l’En­vi­ron­nement (PNUE), les pays ayant une plus forte représen­ta­tion fémi­nine dans leurs par­lements ont ten­dance à adopter des poli­tiques cli­ma­tiques plus ambitieuses. De plus, les pro­jets envi­ron­nemen­taux dirigés par des femmes ont en moyenne un taux de suc­cès 60% supérieur à ceux dirigés par des hommes.

L’ac­tiviste ougandaise Vanes­sa Nakate, dev­enue une voix incon­tourn­able du mou­ve­ment pour la jus­tice cli­ma­tique, a mis en lumière l’im­pact dis­pro­por­tion­né du change­ment cli­ma­tique sur les femmes dans les pays du Sud. “Les femmes sont en pre­mière ligne face aux cat­a­stro­phes cli­ma­tiques, mais elles sont aus­si por­teuses de solu­tions inno­vantes,” a‑t-elle déclaré lors d’un pan­el sur l’adap­ta­tion cli­ma­tique.

Cette COP31 voit égale­ment émerg­er de nou­velles ini­tia­tives portées par des femmes. La min­istre française de la Tran­si­tion écologique, Sophie Mar­tin, a présen­té un ambitieux “Pacte pour l’É­gal­ité Cli­ma­tique”, visant à garan­tir que 50% des fonds cli­ma­tiques inter­na­tionaux soient alloués à des pro­jets dirigés par des femmes d’i­ci 2030.

Du côté du secteur privé, la PDG de Unilever, Emma Fitzger­ald, a annon­cé un engage­ment de 1 mil­liard d’eu­ros pour soutenir des pro­jets d’a­gri­cul­ture durable menés par des femmes dans les pays en développe­ment. “Inve­stir dans les femmes, c’est inve­stir dans des solu­tions cli­ma­tiques durables et équita­bles,” a‑t-elle affir­mé.

Cepen­dant, mal­gré ces avancées, des défis per­sis­tent. La représen­ta­tion fémi­nine dans les délé­ga­tions offi­cielles reste insuff­isante, avec seule­ment 35% de femmes en moyenne. De plus, les femmes des com­mu­nautés les plus vul­nérables au change­ment cli­ma­tique sont encore trop sou­vent exclues des proces­sus de déci­sion.

Pour remédi­er à cette sit­u­a­tion, l’ONU Femmes a lancé lors de cette COP31 un pro­gramme de men­torat visant à for­mer la prochaine généra­tion de négo­ci­atri­ces cli­ma­tiques issues de pays en développe­ment. “Nous devons bris­er le pla­fond de verre dans les négo­ci­a­tions cli­ma­tiques,” a déclaré Phumzile Mlam­bo-Ngcu­ka, direc­trice exéc­u­tive d’ONU Femmes.

Les enjeux de cette COP31 sont cru­ci­aux. Alors que le dernier rap­port du GIEC souligne l’ur­gence d’ac­tions dras­tiques pour lim­iter le réchauf­fe­ment à 1,5°C, les engage­ments actuels des pays restent large­ment insuff­isants. Les lead­ers féminins présents à New Del­hi poussent pour des objec­tifs plus ambitieux, notam­ment une réduc­tion de 60% des émis­sions de gaz à effet de serre d’i­ci 2030 par rap­port aux niveaux de 1990.

La min­istre néo-zélandaise du Cli­mat, Jacin­da Ardern, a résumé l’é­tat d’e­sprit de nom­breuses par­tic­i­pantes : “Nous ne sommes pas ici pour négoci­er l’avenir de la planète. Nous sommes ici pour agir, de manière déci­sive et col­lec­tive.”

Alors que la con­férence se pour­suit, il est clair que les voix féminines jouent un rôle cru­cial dans l’ori­en­ta­tion des débats. Leur approche, sou­vent car­ac­térisée par une vision holis­tique et à long terme, pour­rait bien être la clé pour déblo­quer les négo­ci­a­tions et par­venir à des accords ambitieux.

Comme l’a si bien dit la jeune activiste sué­doise Gre­ta Thun­berg, présente à New Del­hi : “Le change­ment cli­ma­tique n’est pas qu’une crise envi­ron­nemen­tale, c’est une crise des droits humains, de la jus­tice et de l’é­gal­ité. Et les femmes sont au cœur de la solu­tion.”

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